Une tension insoutenable pour les enseignants et les élèves

Une tension insoutenable pour les enseignants et les élèves

Des enseignants de l’école primaire Marie-Victorin se sont présentés lors de la dernière assemblée du conseil des commissaires de la CSMV afin de dénoncer le climat de violence qui règne dans leur école.

La cohabitation de classes régulières et des classes CASA, regroupant des élèves vivants avec différents troubles de comportement, ne se fait pas sans heurts à l’école primaire Marie-Victorin. Parce qu’ils ne savent plus vers qui se tourner, des enseignants sont allés à la rencontre des élus de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), le 28 avril, afin de dénoncer le stress que leurs élèves vivent quotidiennement.

Accompagnée de ses collègues, l’enseignante Sonia Ste-Marie a tenu à informer le conseil de la situation préoccupante et émotivement éprouvante qui se vit à l’école Marie-Victorin de Brossard depuis les cinq dernières années. «Nous intégrons deux classes CASA et la cohabitation demeure ardue depuis quatre ans, malgré les efforts.»

Enfants pris en otage

Bien qu’ils soient sensibles aux besoins des enfants vivants avec des troubles de comportement, les enseignants ne savent plus comment faire face aux crises, au langage vulgaire et à l’agressivité dont sont témoins les autres élèves de l’école.

«Certains vivent la cohabitation de près et sont témoins de scènes troublantes pour des enfants de cet âge, souligne Sonia Ste-Marie. Fréquemment, on doit confiner des élèves dans des locaux afin de ne pas les exposer aux situations de crise dans le corridor. La présence de policiers et d’ambulanciers en intervention est aussi dérangeante pour eux.»

L’enseignante considère que le personnel a été conciliant et a tenté, en vain, de trouver des méthodes pour rendre le climat plus acceptable. Elle souligne que depuis les trois dernières années, le corps enseignant a tenté de faire pression sur la direction de l’école et sur le syndicat, mais qu’aucun changement n’a été apporté.

Milieu en détresse

Le stress, la peur et l’anxiété seraient observés chez les enfants qui fréquentent l’école Marie-Victorin, depuis l’intégration des classes CASA.

«Nous devons constamment sécuriser les lieux et rassurer nos élèves. Notre milieu de travail est en détresse et certains collègues ont même dû prendre des congés de maladie en lien avec cette problématique. D’autres ont été blessés physiquement», explique Sophie Ste-Marie.

Le père de deux enfants qui fréquentent l’école est aussi inquiet de la violence à laquelle ses enfants sont exposés entre les murs de l’établissement. «Mes enfants et leurs amis me parlent des situations qu’ils vivent, raconte M. Daoust. J’ai été témoin d’un cas de violence lors d’une rencontre avec l’enseignant de mon fils et j’étais incapable de me concentrer en raison du tapage.»

Le père affirme que ses enfants sont stressés et qu’à l’occasion, lorsqu’un enfant est en crise, il leur est impossible de sortir pour la récréation ou d’aller aux toilettes. Il remet en question le sentiment de sécurité dans l’établissement.

La présidente de la CSMV, Carole Lavallée, s’est dite émue par les témoignages de l’enseignante et du père et leur a assuré qu’une solution serait trouvée rapidement.

«Ça fait partie de notre travail d’organisation des classes spécialisées, qui est en cours. Nous répondrons à votre demande et vous aurez des réponses dès la mi-mai.»

Écrire un commentaire

avatar