Un match de handball enlevant malgré la défaite du Canada

Un match de handball enlevant malgré la défaite du Canada

Le gardien Ryan Homsy

LA PRAIRIE. Les nombreux amateurs qui ont rempli les estrades du gymnase de l’école secondaire La Magdeleine le 9 juin ont eu un bon aperçu de ce qu’est le handball de haut niveau, alors que l’équipe du Canada a chèrement vendu sa peau contre l’équipe de division 2 de Besançon, en France.

Les Brossardois Geoffrey Bessette-Colette, 32 ans, Sylvain Gaudet, 26 ans, et le gardien du but Ryan Homsy, 38 ans, ainsi que les autres joueurs canadiens ont été dominés 17 à 9 en 1re demie, mais ont fait nettement mieux en 2e demie, pour finalement perdre le match 21 à 18.

Deux univers différents

Les deux équipes évoluent dans des mondes totalement opposés. Les joueurs français sont des professionnels qui s’entraînent deux fois par jour et jouent devant de grosses foules lors de matchs fortement médiatisés. Leur pays a remporté les trois derniers Mondiaux de handball.

À l’inverse, le handball canadien est peu couvert par les médias. La majorité des joueurs viennent de la Rive-Sud, de Montréal et de l’Alberta et n’ont la chance de jouer ensemble que lors de camps de préparation ou de sélection.

Les joueurs de Besançon étaient en récupération, trois semaines après la fin de leur saison régulière. Ceux du Canada en étaient au dernier de trois camps de sélection en vue des Jeux panaméricains de Toronto.

Des 20 joueurs présents contre Besançon, 15 seront des Jeux panaméricains, ajoutant à la pression.

Les Français plus rapides

Visiblement, les joueurs locaux devaient s’adapter à du jeu plus rapide en début de match. Les attaques de Besançon étaient incisives et Ryan Homsy a été mitraillé sévèrement devant le but du Canada.

En 2e demie, le gardien albertain Lyndon Suvanto a été brillant, aidé par une défense plus alerte qui forçait les Français à tirer de plus loin et en déséquilibre. Un de ses meilleurs arrêts a été suivi par une contre-attaque rapide de Bessette-Colette qui a fait mouche et lancé le retour du Canada.

«Comme c’est souvent le cas quand le Canada fait des camps en France, nous faisons face à une vitesse de jeu supérieure et il nous faut un certain temps pour nous adapter, a indiqué Bessette-Colette, qui a déjà joué en France. Mais notre équipe a fait des progrès immenses depuis 4 ans et avons beaucoup mieux fait en 2e demie. Même un gars expérimenté comme moi ne sait pas s’il fera l’équipe, ce qui est bon signe.»

Le barbecue avant les coups

Le jeu dur mais sportif est à l’image de l’Europe, selon Geoffrey Bessette-Colette.

«Lors des matchs professionnels, l’équipe hôte reçoit l’équipe adverse après le match. La plupart du temps, on sert des charcuteries et de la bière dans un vestiaire médian. J’ai perpétué la tradition en recevant les joueurs canadiens et français chez moi lors d’un barbecue, deux jours avant le match.»

Ryan Homsy, qui, comme Bessette-Colette, a participé aux Jeux panaméricains de 2007 et 2011, sait que le début de match des siens ne l’a pas avantagé pour la sélection. «Avant, nous avions une place assurée dans l’équipe, mais maintenant, rien n’est certain. Je gère bien cette pression, et j’aide même souvent les plus jeunes gardiens qui rivalisent avec moi.»

Le gardien a stoppé un tir de pénalité en fin de 1re demie. «Comme au soccer, le tireur est avantagé, mais au handball, nous avons le droit de bouger. J’en profite pour jouer dans la tête du tireur et si possible de l’intimider. Quand ça marche, c’est toujours gratifiant.»

Sylvain Gaudet a été un des joueurs choisis au hasard pour passer un test anti-dopage. «Le début de match a été difficile comme pour l’équipe. J’ai ajusté mon jeu à un contre un et ça allait beaucoup mieux par la suite. Mais une blessure à une cheville m’a forcé de quitter. On n’aime pas quitter quand les choses vont bien, mais ça arrive», dit celui qui a pu jouer dès le lendemain à Montréal, alors que Besançon a encore gagné, cette fois au compte de 19 à 14.

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