Une septuagénaire de Brossard coupable de négligence causant des lésions corporelles

Une septuagénaire de Brossard coupable de négligence causant des lésions corporelles

Un chien de type pitbull

Crédit photo : Archives – Brossard Éclair

Attaque de pitbulls

La mère du Brossardois bien connu pour ses démêlés avec la justice Karim Jean-Gilles a plaidé coupable de négligence criminelle devant le juge Marc Bisson, au palais de justice de Longueuil, vendredi matin.

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Hyacinth Parker était en larmes lors de l’énumération des séquelles que conserve Vanessa Biron, victime d’une attaque du pitbull et du bullmastiff de son fils dans un parc de Brossard, le 20 septembre 2015.

La femme de 72 ans avait perdu le contrôle des bêtes au moment du méfait. Les chiens s’étaient jetés sur la fillette alors âgée de 8 ans, la blessant gravement.

Hyacinth Parker était à la cour en présence de son fils, déjà détenu pour avoir agressé un policier qui venait l’arrêter, en janvier dernier. Il refusait alors une sommation à comparaître dans le présent dossier.

Parker a reçu une sentence suspendue avec une probation de trois ans. Elle devra effectuer 240 heures de travaux communautaires et remettre un don de 2000$ au Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine.

«Ce sont des accusations très sérieuses, avec des conséquences horribles, a déclaré le juge Marc Bisson. C’est la première fois que je suis témoin de blessures comme celles-là dans ma carrière», a-t-il lancé en regardant des photos de la victime.

«J’accepte la suggestion commune et raisonnable, car elle provient d’une longue discussion entre deux avocats d’expérience, même si elle se trouve au bas de la fourchette des sentences dans un cas de négligence, qui va de l’absolution à l’emprisonnement», a ajouté le juge Bisson.

La Couronne reproche à Jean-Gilles et à sa mère de ne pas avoir tenu les chiens en laisse avec un collier, sachant qu’ils étaient dangereux, et de ne pas avoir eu une cour arrière clôturée. Selon l’avocate de la Couronne Claudie Gilbert, une des bêtes avait auparavant mordu le chien d’un passant. Le voisinage aurait également témoigné que les animaux étaient souvent laissés sans surveillance.

20 septembre 2015
Alors que Hyacinth Parker sortait les chiens de son fils pour qu’ils fassent leurs besoins, les bêtes ont quitté la cour à la poursuite d’un chat. L’un des chiens s’est projeté sur Vanessa Biron, dans le parc Marquise, devant sa sœur et sa mère impuissantes.

Mme Parker a tenté de frapper les chiens agressifs afin qu’ils cessent leur attaque, mais elle n’avait aucun contrôle sur les animaux.

Karim Jean-Gilles est intervenu pour saisir les chiens et les ramener à l’intérieur de la résidence.

Après l’attaque, plusieurs communications ont été tentées auprès de Mme Parker et de son fils afin d’avoir accès aux chiens et vérifier s’ils avaient la rage. Ce n’est que lorsque les policiers ont menacé de défoncer la porte de sa résidence que Karim Jean-Gilles leur a ouvert.

Les deux chiens, visiblement agressifs, ont été aspergés de poivre de Cayenne afin d’être contrôlés. Ils ont été transportés dans un refuge, et Mme Parker a donné la permission qu’ils soient euthanasiés.

En tout, 10 constats d’infraction, d’une valeur totale de 3756$, ont a été remis à la famille et payés par Mme Parker.

Hyacinth Parker n’a pas approuvé toute l’énumération des faits par la Couronne, mais a tout de même plaidé coupable. Le juge a déterminé que la dame, sans antécédents, avait collaboré convenablement avec la justice et présenté des remords ainsi que de la compassion envers la famille de la victime.

Moitié du visage paralysée

Vanessa Biron

La victime Vanessa Biron, âgée de 8 ans en 2015, avait été transportée au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Elle a subi une opération de huit heures pour une fracture du crâne. Sa joue était en sept morceaux, sa glande salivaire était complètement arrachée, le canal intérieur de son oreille était détruit et une de ses mains était fracturée et lacérée à plusieurs endroits.

Les médecins ont dû procéder à une reconstitution de la peau. Un tube devait être inséré dans son oreille pour l’empêcher de s’effondrer et Vanessa aussi avait des vis dans la bouche pour la maintenir sa mâchoire en place. Malgré les soins qu’elle a reçus, la fillette conserve une moitié de visage paralysée et une paupière qui ne ferme plus.

La jeune fille a été hospitalisée durant 10 jours à la suite d’une infection, en plus d’être branchée par intraveineuse pendant un mois en raison des antibiotiques puissants.

Deux ans plus tard, elle souffre toujours de plusieurs séquelles psychologiques, physiques et esthétiques, accumulant les rendez-vous et les traitements.

Le père de la victime était présent dans la salle de cour vendredi matin et n’a pas voulu commenter. La Couronne a mentionné que M. Biron tenait à ce que le cas soit judiciarisé afin de montrer les conséquences qu’une histoire comme celle-là peut avoir.

Le procès de Karim Jean-Gilles aura lieu le 16 novembre. Ce dernier a refusé l’attribution d’un avocat suggéré par le juge. Il purge en ce moment une peine de 28 mois pour avoir assommé un policier.

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