Qais Hamidi, de réfugié à candidat conservateur

Qais Hamidi, de réfugié à candidat conservateur

Qais Hamidi

Le débat sur l’accueil des réfugiés syriens éveille des souvenirs malheureux pour Qais Hamidi, candidat conservateur dans Brossard – Saint-Lambert. Alors que les partis politiques débattent du nombre de réfugiés à accueillir, il ne peut s’empêcher de penser aux horreurs qu’il a vues alors qu’il traversait la même épreuve, il y a plus de 30 ans.

M. Hamidi a quitté son Afghanistan natal à l’âge de 16 ans. À l’époque, divers groupes armés combattaient l’Union soviétique, qui avait envahi le pays en 1979.

Le jeune Qais, comme plusieurs autres, a d’abord pris la route du Pakistan. Une route extrêmement difficile, selon ce qu’il a raconté au Courrier du Sud.

«On passait à côté de cadavres sur le bord de la route. Je voyais des personnes âgées mourir de soif», illustre-t-il.

M. Hamidi avait la chance d’avoir de la famille au Canada. L’analyse de sa demande de réfugié a pris un peu plus de un an, période au cours de laquelle il a commencé à apprendre le français.

Passeurs véreux

Ce qui choque le plus M. Hamidi, ce sont les passeurs, ces gens qui promettent d’amener les réfugiés jusqu’en Europe en échange de sommes importantes et qui, souvent, se soucient très peu de la sécurité de leurs passagers.

La photo du petit Alan Kurdi, qui a rapidement fait le tour du monde, l’a particulièrement touché. Le bambin est mort noyé lorsque l’embarcation où lui et plusieurs autres prenaient place a chaviré.

«Quand je vois des photos comme celle-là, j’en perds mes larmes. (…) J’ai été approché par des passeurs qui voulaient mon argent. Ces gens-là, ce sont des criminels, des trafiquants d’humains», lance-t-il.

Combien de réfugiés accueillir?

Depuis la publication de la photo d’Alan Kurdi, les partis politiques fédéraux s’affrontent sur le nombre de réfugiés que le Canada pourra accepter. Le parti de M. Hamidi a promis d’accueillir deux vagues de 10 000 Syriens d’ici quatre ans, et a accéléré le processus d’acceptation de leurs demandes. Le Nouveau parti démocratique veut en accueillir 46 000 en cinq ans. Le Parti libéral, plus pressé, promet l’arrivée de 25 000 réfugiés syriens d’ici le 1er janvier 2016.

Malgré l’important conflit qui sévit en Syrie et l’instabilité qui caractérise plusieurs autres régions du Moyen Orient, M. Hamidi estime qu’il ne faut pas se laisser emporter par la sympathie, au détriment de la sécurité publique.

«Je pense que le premier ministre, Stephen Harper, a un bon plan. On ne peut pas accepter n’importe-qui au Canada.»

Le Canada a déjà accueilli d’importantes vagues de réfugiés lors de crises aiguës à l’étranger. Plus de 50 000 Vietnamiens, les boat people, sont arrivés au pays entre 1979 et 1980. Quelques décennies plus tôt, ce sont les Hongrois qui arrivaient ici: plus de 30 000 entre 1956 et 1957.

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