« Ne me jugez pas sur les apparences, apprenez à me connaître », demande une membre de la communauté musulmane

« Ne me jugez pas sur les apparences, apprenez à me connaître », demande une membre de la communauté musulmane

ÉVÉNEMENT. Le rendez-vous lancé par le Centre communautaire islamique de Brossard a suscité l’engouement des citoyens, dimanche dernier. Plus d’une centaine de personnes sont ainsi venues rencontrer les membres de la communauté et visiter l’établissement.

Un mois après les attentats de Québec, la communauté musulmane souhaitait envoyer un message de solidarité et inviter la population à l’ouverture. Sachets de popcorn, gâteaux orientaux, crudités et pizzas ont accompagné les discussions, qui se sont poursuivies jusqu’aux alentours de 16h dans le gymnase du centre.

 

S’ouvrir à la différence

Mirza, 71 ans, Québécois musulman d’origine pakistanaise, fréquente assidûment la mosquée depuis 15 ans et s’est réjoui de ces échanges.

«Notre centre est ouvert à tous, toute l’année, 24h/24, a assuré le résident de Brossard depuis 40 ans. Je suis heureux que les gens aient eu envie de venir échanger avec nous. Tout le monde est bienvenu.»

Tom et Katia, eux, sont venus par curiosité.

«Nous n’étions jamais rentrés dans une mosquée et c’était une bonne occasion de découvrir», a indiqué Tom, qui s’est déplacé avec sa fille de 3 ans.

Pour Antonio et Anna, un couple de retraités catholiques qui a fait le chemin depuis Candiac, cet événement était l’occasion d’apporter leur soutien à la communauté musulmane après le drame de Québec.

«C’était important pour nous de montrer à la communauté musulmane que nous sommes avec elle, a déclaré l’ex-professeur. Nous sommes tous pareils, on vit tous ici.»

 

Lutter contre la stigmatisation

Nagima, membre de la communauté musulmane et médecin à l’hôpital de Montréal pour enfants, croit  que ce genre d’événement peut permettre de lutter contre la stigmatisation et l’intolérance.

«Beaucoup de personnes ont tendance à s’imaginer à tort ce que peut être un musulman, explique la mère de famille d’origine indienne. Beaucoup sont surpris de voir à quel point les gens de confession musulmane sont différents. Ici, il y a des asiatiques, des africains, des arabes, des européens ou des Québécois de souche convertis. Il est important de demander et de poser des questions afin d’avoir les bonnes réponses», insiste cette dernière, qui rappelle que, contrairement aux idées reçues, 80% des musulmans ne viennent pas des pays arabes.

C’est le cas de Marie, 59 ans, Québécoise convertie à l’islam depuis 15 ans.

«Je porte le voile et les gens ont beaucoup de mal à comprendre que c’est mon cheminement personnel, explique la résidente de Brossard, qui a grandi dans une famille catholique. Et la charte des valeurs de Pauline Marois n’a pas aidé. Ç’a été un épisode très difficile pour nous. Mais je continue de croire que le peuple Québécois a un grand cœur et que nous pouvons vivre ensemble dans le respect et la courtoisie.»

 

Favoriser le rapprochement

Le maire Paul Leduc, qui était accompagné d’autres élus, a salué «un beau geste favorisant le rapprochement entre toutes les communautés».

«C’est la méconnaissance et l’ignorance qui font le plus de mal, a rappelé le maire. Nous sommes tous des Québécois et Brossard est un bel exemple de ce vivre ensemble; il y a beaucoup d’harmonie entre les différentes communautés», a fait valoir M. Leduc.

Brossard est effectivement unique en termes de diversité au Québec, près de 60 communautés culturelles différentes cohabitent.

Soulignons que quatre agents de la police de Longueuil ont assuré une présence préventive sur les lieux.

 

Information, ateliers, visite et collation

À l’image de Brossard, les visages étaient multiculturels et les échanges chaleureux dans l’enceinte de la mosquée en cette journée de portes ouvertes.

Marie, Dania, Samira, Rezkia, Régine, Hassan ou encore Kandace faisaient partie des nombreux bénévoles accueillant les visiteurs. Dès 11h, plus d’une vingtaine de guides et une quinzaine de membres du Centre, jeunes et moins jeunes, ont tenu des kiosques d’information, répondu aux questions du public, animé des ateliers pour enfants ou servi la copieuse collation qui attendait les convives en fin de parcours.

Dans une atmosphère détendue, les visiteurs ont exploré les installations, du gymnase à la cuisine, de la bibliothèque aux salles de prières, mais aussi des salles réservées à l’enseignement aux salles de jeux pour enfants.

Les organisateurs ont assuré qu’ils réitéreraient l’événement chaque année, en spécifiant que les visiteurs étaient également les bienvenus en tout temps.

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