Maison d’entraide Saint-Alphonse: « On essaie d’aider tout le monde, du mieux qu’on peut »

Maison d’entraide Saint-Alphonse: « On essaie d’aider tout le monde, du mieux qu’on peut »

De nombreux bénévoles s’activent pour accueillir les bénéficiaires.

Crédit photo : Jean Laramée - Le Brossard Éclair

PORTRAIT. Chaque semaine, ce sont environ 75 familles qui passent la porte de la Maison Saint-Alphonse de Brossard pour bénéficier du service de dépannage alimentaire.

Le jeudi avant-midi, jour de collecte, le sous-sol fourmille de bénévoles qui s’affairent à mettre des produits de boulangerie dans des sacs, faire des allers-retours dans les congélateurs et réfrigérateurs. Les étagères sont pleines de conserves, de yogourts, de sacs de fruits et de légumes.

Les boulangeries Pains et saveurs, Pour l’amour du pain et Première Moisson fournissent des produits faits la veille. Boulangerie Saint-Méthode offre de nombreux pains tranchés, congelés. Une importante quantité de viande provient de Moisson Rive-Sud et l’organisme bénéficie d’une collaboration avec Metro Bellemare et IGA Picard et Beauvais pour les fruits et légumes.

«Chaque famille repart avec un panier d’une valeur de plus de 150$. Un montant de 7$ est demandé en retour, pour ceux qui peuvent payer», explique le directeur général Robert Maher.

Les surplus sont acheminés à Entraide chez nous ainsi qu’au Repas du Passant. Le pain qui n’a pas été distribué sera aussi envoyé à la Mission Old Brewery, à Montréal.

La Maison d’entraide Saint-Alphonse est un organisme autofinancé, qui reçoit dons et denrées de la Grange guignolée des médias et des différentes guignolées tenues sur son territoire. La Fondation Alphonse-Lepage ainsi que la Fondation d’entraide Brossard participent au financement de l’organisme.

La friperie, au premier étage, est également une source de revenus. L’organisme ne compte que trois employés… et une cinquantaine de bénévoles.

Besoins réels

L’image de Brossard telle une ville prospère est forte. Robert Maher est pourtant à même de constater que les besoins en matière de dépannage alimentaire sont bel et bien présents.

«J’en ai souvent parlé avec l’ancien maire Paul Leduc. Il n’a jamais voulu admettre qu’il y avait de la pauvreté à Brossard», partage-t-il, énumérant certains quartiers où le problème est plus criant.

Au cours des dernières années, il remarque que des migrants se sont ajoutés au nombre de bénéficiaires. Puis, au fil des ans, il note aussi une augmentation du nombre d’immigrants.

M. Maher révèle aussi que des résidents des secteurs cossus autour du Quartier DIX30 en viennent à cogner à la porte de la Maison d’entraide Saint-Alphonse, à la suite d’une perte d’emploi ou de lourdes dettes. Et ce, même s’ils conduisent une Mercedes ou que les enfants fréquentent un collège privé.

Si certains s’interrogent sur l’admissibilité de ces personnes à bénéficier des services, M. Maher se fait un point d’honneur de ne rien révéler sur leur situation. «La confidentialité, c’est un must

Tous les bénéficiaires doivent passer des entrevues pour accéder au dépannage alimentaire. L’information récoltée durant ces échanges demeure confidentielle.

«On essaie d’aider tout le monde, du mieux qu’on peut», résume le directeur général.

M. Maher s’est joint à l’équipe de la Maison Saint-Alphonse il y a huit ans. Il ne devait y rester que temporairement, mandaté pour une restructuration. «J’ai pogné la piqûre!» justifie-t-il.

Celui qui est issu du monde des affaires admet avoir vécu quelque chose comme un choc à son arrivée. «Ça m’a ramené dans la base plus normale de la vie, à un niveau plus humain. J’ai changé.»

«Le plus beau compliment que je peux recevoir, poursuit-il, c’est qu’on me dise: on est toujours accueilli avec un sourire.»

Il n’a d’ailleurs que de bons mots pour son équipe de bénévoles, dévoués et enjoués.

Grâce à des subventions d’Emploi Québec, l’organisme accueille des stagiaires pendant 32 semaines et M. Maher les aide ensuite à se trouver un emploi. «Je sais que j’arrive à en placer environ 80%», se réjouit-il.

Ce volet d’intervention a toujours fait partie de la mission de l’organisme.

Si l’homme de 76 ans prévoit tirer sa révérence au plus tard en 2020, il est convaincu que la Maison Saint-Alphonse est là pour rester.

«Ça va durer longtemps. La mission est nécessaire et doit rester comme ça.»

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