Les meubles du maire magasinés par sa conjointe

Les meubles du maire magasinés par sa conjointe

Paul Leduc et sa conjointe Louise Plante

La conjointe du maire Paul Leduc, Louise Plante, aurait magasiné l’achat de meubles pour son mari auprès d’une compagnie italienne tout en tentant d’en devenir la représentante officielle en Amérique du Nord, rapporte Le Journal de Montréal.

Selon le quotidien, qui a obtenu un échange de courriels entre Louise Plante et la compagnie Bralco, c’est la "première dame" de Brossard qui a négocié l’achat de meubles, même si elle n’est ni élue ni fonctionnaire. La Ville aurait toutefois finalisé l’achat afin d’éviter une apparence de conflit d’intérêts.

Mme Plante aurait également demandé à devenir la représentante officielle de Bralco en Amérique du Nord, «si tout se passe bien» avec les meubles de M. Leduc.

La Ville au courant

Contacté par le Brossard Éclair, M. Leduc souligne que son directeur général de l’époque, Patrick Savard, était au courant du fait que Mme Plante voulait devenir représentante de Bralco.

«Ça ne s’est pas fait en cachette. Il n’y a pas de conflits d’intérêts là-dedans», affirme-t-il.

Seul conseiller de l’opposition à l’hôtel de ville, Antoine Assaf n’est toutefois pas satisfait.

 «En juin, un journaliste de LCN lui avait posé la question et il a nié que sa femme était impliquée là-dedans. M. Leduc doit expliquer pourquoi il n’a pas dit la vérité à ce moment-là. Ça, c’est bien plus grave que les 12 000$ dépensés; le maire doit être franc avec les citoyens», affirme M. Assaf.

Le chef de Renouveau Brossard songe à déposer une plainte à la Commission municipale du Québec à ce sujet.

Processus à respecter

Selon Danielle Pilette, professeure à l’UQÀM spécialisée en affaires municipales, les besoins en meubles du maire devraient suivre le même processus d’approvisionnement que tout autre service municipal.

«Il faut se poser la question à savoir s’il y a un besoin pour de nouveaux meubles, affirme-t-elle. C’est une question administrative. Et ensuite, pour savoir comment combler le besoin, c’est aussi une question administrative. Le maire doit soumettre une demande au responsable de l’approvisionnement, qui l’évaluera comme n’importe quelle autre demande.»

Mme Pilette ajoute qu’une telle commande ne devrait pas être négociée directement par le maire ou par un proche du maire, puisqu’il s’agit de fonds publics.

Paul Leduc répond qu’il était normal qu’il demande l’aide de sa conjointe en faisant affaire avec une compagnie italienne, puisque Mme Plante œuvre dans le domaine de l’importation et de l’exportation.

Rappelons que M. Leduc a commandé ces meubles pour la somme de 12 000$ en 2011, lorsqu’il a déménagé son bureau du 1er au 3e étage. L’été dernier, lorsque l’affaire a éclaté dans les médias, il a expliqué la manœuvre par le fait que les meubles de son prédécesseur Jean-Marc Pelletier étaient trop imposants pour son nouveau bureau.

Écrire un commentaire

avatar