L’enseignant Éric Chassé honoré pour son approche novatrice

L’enseignant Éric Chassé honoré pour son approche novatrice

Éric Chassé recevra son prix des mains de la Gouverneure générale du Canada Julie Payette, lors d’une cérémonie organisée à Ottawa le 28 janvier.

Crédit photo : Denis Germain - Le Brossard Éclair

HONNEUR. L’enseignant Éric Chassé est l’un des trois lauréats francophones du Prix d’histoire du Gouverneur général pour l’excellence en enseignement 2018. Une reconnaissance soulignant son approche novatrice de l’enseignement de l’histoire canadienne.

C’est la mère d’un élève du professeur en histoire de 3e secondaire à l’école internationale Lucille-Teasdale qui a soumis sa candidature.

«À mon avis, la méthodologie et la didactique utilisées par M. Chassé vont au-delà de la théorie et amènent les étudiants à rentrer dans l’histoire et à en faire partie», pouvait-on lire dans la lettre de candidature.

Un bel honneur pour l’homme qui en est à sa 25e année d’enseignement.

«C’était une grosse surprise, admet Éric Chassé. Je ne m’attendais pas à ça du tout. J’étais sûr que c’était une blague ou un pourriel. Le message était dans mes courriers indésirables!»

Dès lors qu’il a accepté la nomination, le résident de l’arr. de Saint-Hubert a dû préparer un dossier portant notamment sur sa philosophie de l’enseignement et sa façon de corriger, accompagné d’échantillons de travaux d’élèves et de lettres de référence.

«Ça dépassait les 100 pages. Ça m’a pris une bonne semaine à ne faire que ça.»

Ces heures à préparer le document en auront visiblement valu la peine car M. Chassé a finalement été sélectionné comme lauréat parmi les quelques dizaines de finalistes.

«De savoir que mon travail est reconnu, ça fait du bien.»

Travail enrichissant
Selon Éric Chassé, c’est un des travaux qu’il propose à ses élèves depuis trois ans qui a plu au gouvernement.

«Les élèves ont à faire une recherche sur un thème d’histoire qui a rapport avec la Nouvelle-France, par exemple la façon d’opérer ou la vie des militaires, explique-t-il. Si c’est la vie des militaires, il faut qu’ils me fassent une maquette d’un fort de l’époque, comme le Fort Chambly.»

En parallèle, les élèves doivent réaliser un travail de recherches approfondi. Ils concluent le tout avec une présentation orale en classe.

«Ce qui était intéressant pour le gouvernement, c’est que les élèves ont justement recours à ses services, croit le professeur. Ils doivent trouver les vrais plans du Fort Chambly, par exemple, parce qu’ils doivent le faire à l’échelle.»

Une fois la maquette terminée, elle est remise aux propriétaires du bâtiment reproduit, ce qui pousse l’élève à avoir un contact avec sa communauté.

«On a donné une maquette à la Maison Saint-Gabriel, note-t-il. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec. Il y a aussi un musée de Lachine qui a présenté les maquettes l’an dernier.»

Cette idée de maquette était d’abord celle d’un autre enseignant en histoire de l’école Lucille-Teasdale, Gilles Ouellette. M. Chassé a repris cette idée afin d’en faire un travail de recherches qu’il peaufine d’année en année.

«C’est une fierté pour l’élève de dire: regarde, c’est moi qui a fait ça.»

Style différent
«C’est plus que de la reconnaissance, c’est comme de se dire: finalement, ce n’est pas si pire, ce que je fais depuis des années, lance Éric Chassé à propos du prix qu’il recevra en janvier. C’est l’approbation. J’ai un style différent; je fais pas mal d’humour, des grimaces, je peux sauter et danser dans les cours. Je peux parfois avoir l’air étrange, donc je ne sais pas comment le directeur, mes collègues ou mes élèves me voient.»

Chassé mélange ainsi la pratique et la théorie.

«Il y a beaucoup de diversité dans ma façon d’enseigner. Avant d’expliquer qui était Jean Talon, par exemple, je donne un rôle aux élèves. Je leur dis: on vient d’avoir un budget pour développer la colonie, qu’est-ce que ça prend? Ils sont en équipes de trois et doivent trouver les services nécessaires de l’époque. Une fois qu’ils ont trouvé les maisons, on dit: on va les construire. C’est la maquette. Une fois qu’elles sont construites, on parle de la vie quotidienne de l’époque; les élèves doivent alors composer une lettre à quelqu’un d’une autre classe.»

Privilégié
Au-delà de pouvoir transmettre sa passion pour l’histoire, Éric Chassé apprécie le contact avec les élèves, les discussions qu’il partage avec eux.

«Ma classe est ouverte à tous les midis et j’ai à peu près 30 élèves, pas juste les miens, qui viennent manger avec moi, révèle-t-il. J’ai un micro-ondes dans ma classe, on joue à des jeux de cartes.»

«Je le dis chaque année: dans mon cas, ma motivation, ce n’est pas le salaire. Je me trouve privilégié de faire ce travail. Ils sont rares, ceux qui réussissent à faire le travail qu’ils aiment», conclut-il.

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