L’école Harold-Napper subit le contrecoup de sa popularité

En prenant la décision de fermer une des quatre classes de maternelle de l’école Harold-Napper, à la mi-mars, la Commission scolaire Riverside (CSR) ne s’attendait pas à autant de résistance des parents. L’école primaire située dans le secteur B est aimée des familles de Brossard et son programme d’immersion française est un choix non négociable pour plusieurs d’entre elles.

Puisque l’école accueille plus d’élèves que sa capacité le permet, le nombre d’admission en maternelle passera de 80 en 2014 à 60 en septembre prochain. Déjà, 73 demandes d’inscriptions ont été faites pour obtenir une des places tant convoitées.

Les élèves qui ne seront pas admis à Harold-Napper devront être redirigés vers l’école anglophone de Brossard, Good Shepherd, l’autre école anglophone qui offre le programme d’immersion française, St. Jude, dans l’arr. de Greenfield Park, ou encore l’école francophone Georges-P.-Vanier, située à quelques pas d’Harold-Napper.

Trop d’élèves?

C’est faute d’espace disponible à l’école Harold-Napper que la CSR a pris la décision de fermer l’une des trois classes de maternelle du programme d’immersion française. Une justification que n’accepte pas la présidente du conseil d’établissement de l’école, Leila Prud’homme.

«L’école a une capacité de 600 élèves alors qu’elle en accueille 619. Le même bâtiment a déjà accueilli près de 700 enfants sans que personne ne s’en plaigne. Nous ne comprenons pas pourquoi la CSR n’a pas écouté les propositions que nous avons faites afin de garder nos quatre groupes de maternelle», déplore Mme Prud’homme, dont deux des quatre enfants fréquentent Harold-Napper.

Différents scénarios ont en effet été proposés par le conseil d’établissement et le comité de parents, dont déplacer des murs, bâtir une rallonge ou encore réduire l’espace dédié à la bibliothèque, en vain.

Le directeur général de la CSR, Sylvain Racette, salue l’initiative des parents, mais considère que le nombre d’élèves de l’école est trop important.

«Même s’il n’y a pas de plainte, il faut être prudent puisque notre rôle est d’offrir un environnement éducatif qui est sain pour les élèves. Des normes sur la qualité de l’air ou sur la dimension des salles de classe nous proviennent du gouvernement. Si on entasse les élèves, ce n’est pas optimal.»

Présentement, 30 groupes se partagent 27 classes, dont deux qui sont des locaux non reconnus comme tels, mais tout de même utilisés pour accueillir des élèves. Cette situation oblige certains groupes à fusionner dans un même local.

Malgré tout, les parents à qui le Brossard Éclair a parlé ne considèrent pas que l’école souffre de surpopulation et croient que la qualité de l’enseignement y est exceptionnelle.

Un cas particulier

Sylvain Racette comprend la déception des parents quant à la fermeture d’une classe de maternelle en immersion française, mais se dit dans l’obligation de se plier aux exigences du ministère de l’Éducation pour la seule école de son territoire à recevoir plus d’inscription que sa capacité.

Selon lui, tant que les écoles anglophones autour d’Harold-Napper n’auront pas atteint leur pleine capacité, le ministère n’acceptera pas de débourser le moindre sou pour augmenter la capacité de l’école du secteur B.

«Le ministère fait un point sur la carte et trace un rayon de 20 km autour pour voir si les écoles anglophones qui s’y trouvent ont de la place. Nous avons des écoles à moins de 5 km d’Harold-Napper où il y a encore beaucoup de place, alors le ministère nous demande de les remplir avant d’investir», conclut M. Racette.

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