Le plaisir de jouer le «champion du monde» des cons

Le plaisir de jouer le «champion du monde» des cons

Marcel Lebœuf incarne François Pignon dans la pièce Le dîner de cons

THÉÂTRE. Quel cadeau pour un comédien que de jouer le plus grand des cons, le con de «classe mondiale», le François Pignon de la célèbre pièce Le dîner de cons? Dans la distribution de cette production, qui s’arrêtera à L’Étoile Banque Nationale du 6 au 8 puis du 13 au 15 août, ce grand plaisir revient à Marcel Lebœuf.

Le comédien, qui partage la scène entre autres avec André Robitaille (interprétant Pierre Brochant), a bien dû voir le film une trentaine de fois. Mais depuis que la pièce mise en scène par Normand Chouinard parcourt la province – la première s’est tenue à l’Assomption l’an dernier –, il a rapidement été établi que le but n’était pas d’offrir un calque de l’interprétation de Jacques Villeret, Thierry Lhermitte et des autres acteurs du film paru en 1998.

«Normand nous a prévenu dès le départ: n’essayons pas d’être plus fort que Villeret, que le film. Concentrons-nous sur le texte. Soyons juste, soyons vrais», relate Marcel Lebœuf.

Quand la majorité du public connaît les blagues à l’avance, n’y a-t-il pas un défi supplémentaire? «Le fait que ce soit des acteurs différents qui jouent peut créer la surprise. Certains ont vu le film plusieurs fois, quelques-uns ont même vu la pièce jouée à Paris. Il n’y a rien à inventer.»

Les acteurs ne laissent aucune place aux fous rires et encore moins à l’improvisation, qui est d’ailleurs formellement interdite par l’auteur du texte original, Francis Veber. «Il n’y aurait pas de place pour ça de toute façon, c’est écrit tellement serré. Tout est à sa place.»

André Robitaille a cependant fait un travail d’adaptation en situant l’action à Montréal. Certaines références ont aussi été modifiées: François Pignon fabrique toujours des modèles réduits en allumettes, mais il reproduit le pont Jacques-Cartier plutôt que la Tour Eiffel, et il n’est plus question de l’équipe de soccer de l’OM, mais plutôt… du Canadien de Montréal!

«Ah bon, il n’a pas de prénom?»

Sur scène, Marcel Lebœuf ne voit pas le temps passer. Il ne cesse de s’étonner d’être déjà rendu aussi loin dans le déroulement de la pièce.

Son moment favori demeure néanmoins la scène où François Pignon peine à saisir le nom du personnage Juste Leblanc. «Cet extrait-là, je l’adore! Il ne comprend pas: "Ah bon, il n’a pas de prénom?"», expose l’acteur.

Un bel avenir

La pièce produite par Les projets de la meute connaît un fort succès depuis sa sortie: importante tournée l’an dernier, tout aussi imposante série de représentations cette année.

«Et je ne crois pas que les décors seront détruits en novembre, parce qu’il y a de bonnes chances qu’on la reprenne l’an prochain!»

Aussi de la distribution: André Robitaille (Pierre Brochant), Antoine Durand (Juste Leblanc), Geneviève Rochette (Christine Brochant), Myriam LeBlanc (Marlène Sassoeur) et Jean-Pierre Chartrand (Lucien Cheval).

Rens.: www.ledinerdecons.com

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