Le Bloc veut obliger le gouvernement fédéral à s’entendre avec Québec

Le Bloc veut obliger le gouvernement fédéral à s’entendre avec Québec

Le chef du Bloc québécois

POLITIQUE. Le Bloc québécois s’oppose fermement au péage sur le futur pont Champlain et s’engage, après les élections fédérales, à déposer un projet de loi obligeant le gouvernement fédéral à s’entendre avec le gouvernement du Québec en ce qui concerne la construction et le financement du futur pont.

«Avec le projet de loi C-31, le gouvernement fédéral s’est arrogé le droit d’imposer un péage sur le pont. C’est totalement inacceptable, ça crée un nouveau champ de taxation», s’est exclamé le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu, en conférence de presse au parc du Havre de Saint-Lambert, le 29 mai.

Selon M. Beaulieu, la «saga du pont Champlain» est le meilleur exemple des coûts que le Québec doit payer pour être dans le Canada. C’est d’ailleurs la faute du fédéral, par sa négligence et son manque de planification, si le pont Champlain se détériore et doit être reconstruit, accuse-t-il.

À plus d’une reprise, il a rappelé qu’une grande partie des coûts du futur pont Champlain découlent du fait que la structure doit être surélevée pour laisser passer, via la Voie maritime, les bateaux commerciaux qui se dirigent vers les Grands Lacs.

Pour appuyer les propos de M. Beaulieu, le professeur retraité de Polytechnique, Jacques C. Martin, a avancé que s’il n’y avait pas de Voie maritime, une estacade de six voies coûterait aux environs de 1,5 G$, contrairement au 5 G$ que pourrait coûter le futur pont Champlain.

Le chef du Bloc déplore que «les Québécois vont payer doublement ce pont, d’abord à même les taxes – 45 G$ de nos impôts vont à Ottawa – et avec le péage, pour un pont dont le Québec ne sera jamais propriétaire».

Impact sur le développement économique

En appui au Bloc québécois, la députée péquiste de la circonscription de Vachon, Martine Ouellet,  a qualifié d’«absurde» l’imposition par le gouvernement fédéral d’un péage qui va à l’encontre de la position unanime de l’Assemblée nationale du Québec.

Mme Ouellet s’est montré inquiète quant aux impacts que pourraient avoir le péage et le trafic sur le développement économique de la région métropolitaine. «Ce n’est pas à Ottawa de décider ce qui se passe au Québec.»

Les députés péquistes Bernard Drainville (Marie-Victorin) et Stéphane Bergeron (Verchères) ont aussi donné leur appui à la position du Bloc québécois.

Et si les bateaux payaient?

Pendant la conférence de presse, le professeur Jacques C. Martin a laissé entendre qu’un péage pour les bateaux commerciaux plutôt que pour les voitures pourrait être un scénario intéressant, puisque le Québec tirerait ainsi des revenus de la Voie maritime.

Mario Beaulieu s’est cependant dissocié de cette proposition. «Ce n’est pas nécessairement une proposition du Bloc», a-t-il établi.

Écrire un commentaire

avatar