La victime était «l’artisan de son propre malheur», selon Candappa

La victime était «l’artisan de son propre malheur», selon Candappa

Tyronne Candappa Srijeeva

Klifford Hercule serait responsable des événements ayant mené au coup de feu qu’il a reçu des mains de Tyronne Candappa Srijeeva, selon la thèse de la défense dans cette affaire de tentative de meurtre.

Candappa est cet entrepreneur déchu qui a floué des dizaines d’investisseurs dans deux projets domiciliaires de Brossard. Le plus médiatisé des projets, la Tour Tysel, a laissé un trou béant dans un secteur de prestige près du fleuve Saint-Laurent. Le terrain a depuis été recouvert, et la Ville de Brossard en fera un parc.

C’est le second projet, une affaire de maisons en rangée sur la rue Talbot, qui a mené à la présumée tentative de meurtre, dans une histoire rocambolesque digne du pire téléroman.

Légitime défense?

Klifford Hercule voulait acheter une des maisons en rangée proposées par Tyronne Candappa et son frère, Massana. Voyant que le projet n’avançait pas, il serait devenu agressif envers les frères.

Candappa reconnaît avoir tiré sur Hercule avec un pistolet, mais il plaide la légitime défense. Son avocat, Me Marco Labrie, a déposé en preuve une série de messages textes très menaçants envoyés par la victime dans les jours précédant le drame.

Le 6 décembre 2011, l’investisseur floué se serait rendu à la résidence de Massana pour le passer au tabac. Il aurait ensuite appelé l’accusé, qui a entendu son frère se faire battre.

«M. Hercule a été, en quelque sorte, l’artisan de son propre malheur», a lancé Me Labrie.

Lors de son témoignage en cour, M. Hercule a nié avoir battu Massana Candappa.

Fusil chargé ou non?

Selon Me Labrie, l’accusé se serait précipité chez son frère, passant en voiture sur la piste cyclable afin d’arriver plus rapidement. Mais pas avant de prendre un pistolet et un bâton de baseball, «afin de rééquilibrer les forces» entre lui et M. Hercule, qui était beaucoup plus costaud.

Candappa montait les marches vers le balcon de son frère lorsqu’il a fait feu sur celui qu’il dépeint comme un agresseur.

L’accusé affirme toutefois qu’il croyait que l’arme n’était pas chargée, et qu’il ne l’avait apportée que pour faire peur à Hercule. L’arme n’avait pas de chargeur – celui-ci a été trouvé dans la voiture de Candappa –, mais une balle était restée dans la chambre du fusil.

Une partie de la scène a été captée par les caméras de sécurité de Massana Candappa. On y voit l’accusé vérifier la chambre, et on y voit la balle. Selon Me Labrie, Candappa n’avait toutefois pas suffisamment de connaissances dans le maniement d’une arme de poing pour reconnaître que la balle s’y trouvait.

Le 29 mai, les avocats faisaient leurs dernières plaidoiries. Le jugement sera prononcé le 17 septembre.

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