La musique de Lance et compte, c’est lui !

La musique de <i>Lance et compte</i>, c’est lui !

Le compositeur Mario Sévigny est à l’origine de la musique de la série Lance et compte

De son studio de musique dernier cri installé dans le sous-sol de sa maison de Brossard, Mario Sévigny planche sur les musiques de films, séries télévisées, bandes-annonces ou thèmes musicaux. Des artisans de son domaine qui vivent de leur art, on les compte sur les doigts d’une main au Québec.

Un père technicien de son, une mère chanteuse et un frère guitariste; Mario Sévigny avait la génétique pour tremper dans le milieu de la musique.

«Je fais de la musique depuis l’âge de 6 ans. J’étais extrêmement curieux et je voulais jouer de tous les instruments. Aujourd’hui, ça me sert, parce que je peux tout jouer sur mes compositions.»

Le musicien travaille généralement seul dans son studio, par choix mais aussi pour une question de rémunération, puisqu’au Québec, seulement de 1 à 2% du budget des films est attribué à la musique.

Et bien qu’il considère être convenablement payé, Mario Sévigny rappelle toutefois que les droits d’auteur de ses compositions appartiennent aux producteurs qui l’embauchent.

Un travail de moine

Reclus dans son sous-sol, le compositeur travaille près de 15 heures par jour, six jours par semaine. Et le septième jour, il ne peut s’empêcher de travailler de trois à quatre heures supplémentaires.

«Pour une série, on a une semaine pour composer toutes les musiques d’ambiance, en plus de deux à trois chansons. Pour une bande-annonce, on nous accorde généralement deux ou trois jours.»

Une des grandes réalisations du musicien est la scène où le personnage de Marina Orsini meurt dans la dernière série <I>Lance et compte<I>. «Parfois, on doit composer des chansons qui appuient l’image, comme dans cette scène. C’est vraiment du calcul; il faut se demander quel tempo prendre en suivant le montage qu’on nous fournit, selon les directives du réalisateur.»

Un orchestre en boîte

Jazz, country, rock ou folk, Mario Sévigny doit savoir travailler avec tous les styles et avec chaque instrument. Pour le film Noémie: le secret, le réalisateur lui avait demandé de produire une trame sonore digne des plus grands orchestres symphoniques.

«Je ne voulais pas lui dire que je ne pouvais pas faire ça de mon sous-sol, avec un petit budget! Après avoir travaillé avec des banques de sons pour chaque instrument, pendant quatre mois, je me suis monté quatre ordinateurs: un pour les cordes, un pour les cors, un pour les percussions… Pendant deux mois, j’ai testé des sons en décortiquant les structures des grands orchestres. Je me fie beaucoup à mon instinct, mais j’ai encore le syndrome de l’imposteur parce que je n’ai pas de formation de compositeur.»

Un passé de musicien de bar

À l’âge de 17 ans, Mario Sévigny traînait déjà dans les bars avec son grand ami, Christian Marc, dans le but de dénicher des contrats pour son groupe de l’époque, Why Not.

«On ne nous prenait pas au sérieux. Nous avions beaucoup de difficulté à nous faire embaucher, jusqu’à ce que Régis Simard, qui était un grand chansonnier, nous donne un coup de main. On le suivait dans ses spectacles et il nous demandait de monter sur scène avec lui. Il allait ensuite dire aux propriétaires que nous étions disponibles pour des spectacles. C’est rare de voir autant de générosité dans ce domaine compétitif.»

Les deux comparses collaborent encore à l’occasion, notamment sur des chansons de la série Lance et compte.

Des projets à la pelle

Le compositeur a encore beaucoup de projets à réaliser. Tout d’abord, pour la première fois de sa carrière, il assurera la réalisation d’un album, celui du groupe montréalais Raffy.

D’ici quelques temps, il souhaiterait également décrocher des contrats chez nos voisins du Sud, qui, eux, accordent un budget plus important aux musiques de film.

«Je viens de tenter le coup pour une grosse production américaine avec Sony Pictures. J’aimerais tellement que ça fonctionne parce que j’ai envie d’aller plus loin. Des défis, j’aime ça, et plus j’ai peur, plus je suis fier du résultat!»

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