«Je trouvais que M. Leduc allait trop loin», affirme Alphonse Lepage

«Je trouvais que M. Leduc allait trop loin», affirme Alphonse Lepage

L'ex-maire de Brossard

JUSTICE. L’ancien maire de Brossard Alphonse Lepage a réitéré sa défense de Fatima Houda-Pepin hier, lors de son témoignage dans le cadre de la poursuite en diffamation intentée par le maire Paul Leduc contre le duo d’ex-politiciens.

Selon M. Lepage, M. Leduc a pris une mesure «très audacieuse» lorsqu’il a envoyé une lettre d’appui au candidat libéral Gaétan Barrette lors des dernières élections provinciales. M. Barrette, qui a remporté le scrutin, se présentait contre Mme Houda-Pepin, députée sortante et ex-libérale.

Cette lettre s’est retrouvée entre les mains de plusieurs médias le 31 mars 2014, une semaine avant les élections. En pièce jointe se trouvait une autre lettre, celle-là datant de 2010 et adressée au premier ministre Jean Charest. M. Leduc se plaignait de l’attitude de Mme Houda-Pepin à son égard et demandait au premier ministre de lui attitrer un autre interlocuteur.

«Quand j’ai vu la lettre adressée à M. Charest, je trouvais que M. Leduc allait trop loin. Il demandait au premier ministre de limoger Mme Houda-Pepin, ni plus ni moins», a affirmé l’ancien maire.

Son témoignage a fait écho à une lettre d’opinion qu’il a fait publier dans les médias quelques jours après la sortie de M. Leduc. Cette lettre lui a valu d’être poursuivi pour diffamation, tout comme l’ex-députée.

«La Marocaine»

Selon Alphonse Lepage, les relations ont été tendues entre Paul Leduc et Fatima Houda-Pepin dès l’arrivée de celle-ci comme députée de La Pinière.

L’ex-maire affirme que M. Leduc aurait aimé lui-même être député libéral. Il aurait aussi songé à se présenter contre elle à l’élection de 2003, dans les rangs de l’ADQ. M. Lepage aurait découragé cette idée.

«Je lui ai dit: "Écoute Paul, tu n’as jamais aimé Fatima. Mais il faut que tu apprécies ce qu’elle fait."»

Selon les témoignages de M. Lepage et d’une acolyte de longue date de Mme Houda-Pepin, Céline Vaillancourt, M. Leduc appelait souvent l’ex-députée «la Marocaine».

«Je n’ai pas senti de racisme là-dedans, mais j’ai senti de l’aigreur», souligne M. Lepage.

Lors de son propre témoignage le 7 février, M. Leduc a nié avoir ainsi traité Mme Houda-Pepin. Il a dit avoir eu une bonne collaboration avec elle entre 1994 et 2000, lors de son premier passage à la mairie. Il affirme que l’attitude de l’ex-députée à son égard aurait changé après son retour en 2009.

La preuve est maintenant close dans le procès en diffamation contre Alphonse Lepage et Fatima Houda-Pepin. Les avocats plaident leurs arguments aujourd’hui devant la juge Chantal Sirois.

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