« Je ne pourrais pas passer ma vie sans faire un autre Ironman » – Nadia Muselle

« Je ne pourrais pas passer ma vie sans faire un autre Ironman » – Nadia Muselle

Nadia Muselle en action lors du Ironman de Mont-Tremblant, qu’elle a terminé en 14 heures.

Crédit photo : Denis Germain - Brossard Éclair

IRONMAN. Nadia Muselle a cinq enfants, travaille à temps plein… et s’entraîne d’arrache-pied au quotidien. Le 20 août, elle a réalisé un grand accomplissement: son premier Ironman.

Elle a nagé 3,8 km, pédalé 180 km et couru 42,2 km en 14 heures au Ironman de Mont-Tremblant.

«J’ai trop aimé ça! lance la femme de 41 ans. Si je pouvais, je m’inscrirais à un autre dès maintenant. Mais c’est la rentrée scolaire, donc je ne peux pas. J’en rêve la nuit. J’ai juste le goût de le refaire.»

«C’est sûr que ce ne sera pas mon dernier. Je ne pourrais pas passer ma vie sans en faire un autre», poursuit-elle.

Si son temps final s’est avéré meilleur qu’elle le croyait, le résultat était peu important pour la Brossardoise.

«Mon but était de finir avec le sourire. Je ne le fais pas pour le temps; je le fais parce que j’aime ça.»

Le mental
Nadia Muselle admet avoir eu de la difficulté à maintenir le rythme à un certain moment dans la troisième et dernière épreuve: la course à pied.

«Au 22e kilomètre de course environ, il y a un moment où j’ai vraiment manqué de jus, relate-t-elle. J’ai eu un gros down mental. Ç’a cassé. Je me suis dit “Tant pis, je marche et on verra”. J’avais les yeux pleins d’eau. À un moment donné, je suis repartie.»

Selon elle, c’est la présence de sa famille et de ses amis à la ligne d’arrivée qui l’a poussée à se surpasser et à continuer.

«Savoir qu’il y a du monde qui t’attend à la ligne d’arrivée, c’est ça qui va faire la différence. Tu ne peux pas faire une distance comme celle-là en pensant qu’il n’y aura pas de moments difficiles», croit-elle.

Là où tout a commencé
Nadia Muselle n’a pas toujours été une sportive dans l’âme. En 2014, elle ne savait même pas ce qu’était un triathlon.

Tout a commencé en 2012, alors qu’elle s’est inscrite à des cours de zumba pour «sortir de sa routine».

«L’échange avec d’autres femmes de mon âge m’avait motivé», dit-elle.

L’école de danse a toutefois fermé ses portes la même année.

En 2014, la mère de cinq enfants a décidé de s’inscrire une nouvelle fois à des cours de zumba, cette fois-ci au Énergie cardio, à Brossard.

«Je me disais que je ferais du zumba une fois par semaine. C’était mieux que rien», se souvient-elle.

À ce moment, elle pesait 200 lb. Elle s’est donc pris un entraîneur en salle en plus de s’inscrire à d’autres cours de groupe. Puis, son entraineuse de spinning lui a fait découvrir la course à pied.

«Au début, c’était pour retrouver un côté social et perdre du poids. Je voulais perdre 30 lb, mais j’en ai perdu beaucoup plus. Ensuite, j’ai embarqué vite là-dedans; c’est devenu une routine. Je me suis mis à aimer ça, c’est comme si j’en avais besoin. Je me lève le matin et je vais courir. C’est un mode de vie», affirme Nadia Muselle.

«C’est déjà fini?»
En juillet 2015, Nadia Muselle a participé à son premier triathlon sprint; celui de Saint-Lambert. C’est comme si une flamme s’était allumée; au cours des mois suivants, elle a pris part à une Spartan race, à un demi-marathon et à un triathlon olympique.

«Quand j’avais fini mon triathlon sprint, je n’en avais pas eu assez, dit-elle. C’était trop court. Je me suis dit: “C’est déjà fini!”.»

Depuis, la triathlonienne, qui a deux garçons de 11 et 20 ans ainsi que trois filles de 14, 21 et 23 ans, s’entraîne sans relâche matin et soir au quotidien.

Pendant l’année scolaire, elle est debout à 5h pour s’entraîner, puis revient à la maison à temps pour réveiller ses enfants à 7h. Elle travaille dans le Vieux-Montréal et s’y rend tous les jours à vélo ou à la course. Son mari, qui travaille au même endroit, lui amène son déjeuner, ses lunchs et des vêtements de rechange.

«Je décroche entre le travail et la famille. J’ai mon moment à moi», conclut-elle.

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