Groupe DPJL s’oppose à un changement de loi touchant les assurances

Groupe DPJL s’oppose à un changement de loi touchant les assurances

Diane Joly, présidente du Groupe DPJL

Crédit photo : Gracieuseté

ÉCONOMIE.  Les dirigeants du Groupe DPJL protestent contre des modifications touchant le domaine des assurances envisagées par le gouvernement du Québec.

Son projet de loi 150 obligerait les courtiers en assurances de dommages à offrir à leurs clients désirant une couverture les produits d’au moins quatre assureurs. Il interdirait aussi à un cabinet d’assurance de s’inscrire comme cabinet de courtage dans le cas où une institution financière ou un groupe financier détiendrait une part «notable» de ses actions. Le cas échéant, le cabinet devra s’inscrire en tant qu’agence de courtage plutôt que courtier.

Courtier «infantilisé»

Pour Diane Joly, présidente du Groupe DPJL, il est «louable» pour le gouvernement d’encadrer le domaine des assurances mais son approche «infantilise le courtier», considère-t-elle. «Le professionnalisme de celui-ci n’est pas pris en compte dans la mouture actuelle du projet de loi 150, ce qui témoigne du manque de confiance du gouvernement dans la capacité du courtier à bien conseiller son client et à lui recommander le produit qui convient le mieux à ses besoins», indique-t-elle dans un communiqué.

Vice-président développement et marketing du Groupe DPJL, Bernard Provost renchérit : «Parce qu’on est un cabinet, il va falloir obtenir des prix de quatre compagnies et les entreprises qui font de la vente directe juste un. Pour quatre prix, ça va nous prendre une heure alors que les gens veulent ça là. On trouve que c’est injuste».

L’homme d’affaires dans le domaine de l’assurance depuis 54 ans nuance : «ce n’est pas le prix qui est important en assurances mais la couverture. C’est quoi les besoins en assurances du client ?»

Industrie «menacée»

Diane Joly estime que les mesures projetées vont avantager les assureurs directs au détriment des courtiers. Et, selon elle, le consommateur perdra au change.

« Le consommateur ne sera pas mieux protégé en imposant un nombre d’offres minimal, bien au contraire. Les cabinets de courtage seront fragilisés et disparaîtront au profit du modèle d’agence. Le gouvernement ne semble pas comprendre qu’il diminuera la variété de l’offre, et conséquemment qu’il va réduire le choix du consommateur », exprime-t-elle.

À ses yeux, la réforme proposée par le ministre des finances Carlos Leitão «ne représente rien de moins qu’une expropriation déguisée des propriétaires de cabinet de courtage pour favoriser les assureurs directs».

«C’est sûr, ça menace des emplois», fait part Bernard Provost. Il redoute de voir des années d’efforts anéanties. «On est partis en 1979. On est maintenant 11e au Québec. On figure parmi les 300 PME les plus importantes au Québec. Il y a des investissements importants là-dedans. On a travaillé fort pour ça», fait-il valoir.

Lancé à Châteauguay en 1979, Groupe DPJL a pris de l’expansion au fil des ans. L’entreprise a maintenant des bureaux dans cinq villes. Brossard, Montréal, Napierville et Vaudreuil-Dorion se sont ajoutées à Châteauguay. Elle emploie 115 personnes.

Mobilisation

Diane Joly souhaite que «tous les courtiers qui se sentent laissés pour compte dans le projet de loi 150» se mobilisent. Elle souligne qu’elle est membre de l’Alliance pour un courtage plus fort, qui représente 98 cabinets de courtage employant environ 3000 personnes au Québec.

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