Greffé, il continue la natation et bat des records

Greffé, il continue la natation et bat des records

Benoit Raymond

Crédit photo : Denis Germain - Brossard Éclair

À quelques jours de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus, le Brossard Éclair s’est entretenu avec un athlète hors du commun. Benoit Raymond a longtemps pratiqué la natation et depuis quelques années, il nage accompagné de quelque chose de bien différent… un nouveau rein.

Porteur d’une maladie rénale dégénérative, le résident de Brossard a vécu plusieurs années sans jamais en percevoir les effets. Il n’a ressenti les conséquences de sa maladie que quelques mois avant de recevoir sa greffe, mais à ce moment-là, il était impossible pour Benoit Raymond de pratiquer une activité physique. En décembre 2012, il a reçu un cadeau bien spécial de sa mère Sylvie Charbonneau: un rein

Après quelques mois de convalescence, le nouveau greffé s’est rapidement remis à l’entrainement et il a repris la forme.

«Avant la greffe, mes capacités physiques ont été extrêmement diminuées, explique Benoit Raymond. Après, j’ai passé six mois sans m’entraîner étant donné la coupure à l’abdomen pour la transplantation du rein. J’ai ensuite pu reprendre l’entraînement, mais graduellement pendant trois ou quatre mois.»

Un fois remis sur pied, Benoit Raymond avait un objectif bien précis en tête, soit participer à des compétitions rassemblant des greffés de partout dans le monde. Il connaissait ces compétitions avant même de recevoir son nouveau rein et il s’imaginait déjà y tenter sa chance.

«J’ai toujours aimé la compétition et ça me donnait l’opportunité de voyager dans de nombreux pays», raconte-t-il.

Podiums et record du monde

Bien sûr, ces rencontres se veulent amicales et fraternelles, mais Benoit se fixe tout de même des objectifs et plus souvent qu’autrement, il les atteints. Il participera d’ailleurs en juillet aux Jeux canadiens des greffés où il espère monter sur le podium cinq fois plus tôt qu’une.

Benoit Raymond a reçu l’Ordre du mérite de Brossard des mains de la conseillère municipale Michelle J. Hui.

«Je participerais aux courses de 50m, 100m et 200m libre ainsi qu’au 50m papillon et 50m dos», énumère Benoit Raymond qui récemment reçu l’Ordre du mérite de Brossard.

Même si la compétition ne sera pas aussi relevée qu’aux Jeux mondiaux des greffés, où il avait remporté deux médailles d’or et trois d’argent, en plus de fracasser un record mondial, Benoit Raymond explique que lors de ces compétitions, «tous les greffés ont l’impression de se connaître et que l’ambiance est extraordinaire».

«C’est important de démontrer la qualité de vie que la greffe peut amener, explique l’athlète. Lors des Mondiaux, il y a 2000 athlètes qui font des performances plus que remarquables et ça prouve qu’il y a une belle vie après une greffe.»

Un modèle?

Celui qui préférait ne pas parler de sa greffe et de sa maladie lors de son opération en 2012 en parle beaucoup plus maintenant dans le but de «sensibiliser le plus de gens possible».

«À ce moment-là, je ne voulais pas passer pour quelqu’un qui avait été malade, se rappelle Benoit Raymond. Mais plus les années avancent et plus je veux montrer les effets positifs de la greffe.».

Et lorsqu’on lui demande s’il est un modèle pour des sportifs qui devront emprunter un chemin similaire au sien, Benoit Raymond répond bien humblement qu’il souhaite être une figure de réussite pour les sportifs comme pour ceux qui ne pratiquent pas de sport.

«Être greffé est déjà un exploit en soi», conclut celui qui sera sur la ligne de départ des Jeux mondiaux à Londres en 2019.

786 Québécois sont toujours en attente d’une transplantation d’organes

Transplant Québec a annoncé que 786 Québécois sont présentement en attente d’une transplantation d’organes. Au cours de la dernière année, 510 Québécois ont bénéficié d’une transplantation, grâce à la générosité de 182 donneurs décédés. Ces résultats font du Québec le leader en don d’organes, à l’échelle canadienne. À l’occasion de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus qui se déroulera du 22 au 28 avril, Transplant Québec rappelle que les efforts doivent se poursuivre pour permettre aux personnes en attente d’un don de retrouver une vie normale.

«Un travail colossal a été réalisé jusqu’à maintenant pour favoriser le don d’organes et de tissus au Québec; le bilan 2017 en est une preuve des plus éloquentes, a souligné le président du conseil d’administration Jean Gravel. Ces résultats sont encourageants et nous pouvons être fiers du chemin parcouru.»

Toutefois, comme le précise le directeur général de Transplant Québec Louis Beaulieu, «il reste encore beaucoup à accomplir au plan de la formation des professionnels de la santé, de l’organisation des services et des programmes en don d’organes dans les hôpitaux et de l’éducation du grand public si l’on veut atteindre nos objectifs.»

«En 2021, nous visons 220 donneurs décédés par année pour 700 personnes transplantées et une diminution marquée de la liste d’attente. L’atteinte de ces objectifs sera possible dans la mesure où des investissements de quelques millions seront consentis pour générer plusieurs millions d’économies récurrentes annuellement. Investir en don d’organes, c’est rentable pour la société», rappelle-t-il.

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