Frappée par la bactérie mangeuse de chair, Karolane Réhel rate les Jeux d’Alma

Frappée par la bactérie mangeuse de chair, Karolane Réhel rate les Jeux d’Alma

Karolane Réhel

HALTÉROPHILIE. Si tout c’était déroulé selon ses plans, Karolane Réhel serait présentement à Alma pour participer à la 52e Finale des Jeux du Québec. Mais plutôt que d’être au Lac Saint-Jean, l’haltérophile de 16 ans de Brossard se remet tranquillement du combat qu’elle a mené contre la bactérie mangeuse de chair, pendant la période des Fêtes.

«J’ai tellement souffert pendant les Fêtes que je ne réalisais pas ce qui se passait; je pensais juste à ma guérison, pour cesser d’avoir mal à la jambe, raconte Karolane au Brossard Éclair. Aujourd’hui, je sais que j’ai été prise en charge juste à temps. Deux jours de plus et je perdais ma jambe. Je n’aurai pas d’autre chance de participer aux Jeux du Québec, mais en comparaison à ce qui aurait pu m’arriver, ce n’est rien!»

Une jambe qui ne répond pas aux traîtements

«En septembre, lors d’une joute de rugby à l’école Antoine-Brossard, un plaquage m’a causé une double bursite au genou gauche et des entorses sévères, se remémore Karolane. Après deux mois en béquilles, j’avais encore les Jeux du Québec en tête et je prenais du mieux jusqu’à ce que nous rendions visite à ma famille à Percé, le 23 décembre. Le lendemain, j’avais très mal à la jambe droite, comme si mon tibia voulait sortir de ma jambe. Je ne m’endurais plus et le jour de Noël, j’ai passé toute la journée à l’hôpital, à Chandler.»

Les premiers répondants ont d’abord pensé à une cellulite, une sorte d’infection. «Mais ma jambe devenait tellement rouge, enflée et chaude qu’ils m’ont fait des prises de sang pour comprendre de quelle bactérie il s’agissait. Ils m’ont aussi injecté des antibiotiques par intraveineuse.»

«J’ai pu passer la nuit avec ma famille, mais le 26 décembre, les rougeurs et douleurs augmentaient encore et là, on m’a gardée sous observation, poursuit-elle. Le 27, une pédiatre s’est inquiétée que ma jambe réponde si mal aux traitements et a sonné l’alarme. J’ai été transférée par avion, accompagnée de médecins, jusqu’au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec.»

Un diagnostic inquiétant

Le 28 décembre, le verdict tombait: c’était la bactérie mangeuse de chair qui la tenaillait.

«Moi, je pensais encore simplement à chasser la douleur, mais ma mère [une ex-ambulancière qui se rappelait très bien du drame vécu par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard en 1994] tentait de maîtriser ses émotions, mais je la connais et je savais que c’était grave. On m’a fait un traitement adapté, avec deux antibiotiques intraveineux. Je souffrais mais le lendemain, j’ai commencé à aller mieux. On a alors découvert une énorme bosse sur mon tibia, conséquence reliée à la propagation partielle de la bactérie.»

A suivi une chirurgie pour enlever la bosse et drainer sa jambe, lui laissant un trou béant sur le tibia.

Karolane est restée sous observation au CHUL jusqu’au 1er janvier.

«On m’a ensuite transférée à l’hôpital Charles-LeMoyne en transport adapté, la jambe en l’air. Je devais pouvoir retourner chez moi le lendemain, mais ma jambe a recommencé à enfler et rougir.»

Cette fois, une nouvelle dose d’antibiotique intraveineux a fait le travail. «J’avais des hauts et des bas, mais le 6 janvier, j’allais beaucoup mieux et je suis retournée à la maison en béquilles avec un trou dans mon tibia que je devais protéger, pour éviter l’infection en attendant que la blessure se referme.»

Trop peu pour les Jeux

Karolane est retournée au gymnase le 23 janvier, à cinq jours des qualifications pour les Jeux. Son arraché a été de 51 kg, mais à l’épaulé-jeté, il lui a fallu trois essais pour réussir 65 kg, pour un total de 116 kg, loin de son record de 122.

Résultat: pas de Jeux du Québec pour elle.

Mais loin d’être abattue, la jeune fille a déjà les Championnats canadiens junior ou senior en tête.

«Comme tout athlète, je rêve des Jeux olympiques, un peu comme Marie-Ève Beauchemin-Nadeau, mon modèle. Je ne sais pas ce que mon avenir d’athlète me réserve, mais après ce que j’ai vécu, rien ne sera difficile dans ma tête. Si mon corps dit oui, ce sera oui pour moi aussi», jure-t-elle.

Coup de foudre pour l’haltérophilie

Ce sont les Jeux du Québec de 2015 qui ont lancée Karolane Réhel en haltérophilie.

«J’ai toujours été sportive – je suis ceinture noire en karaté et je pratiquais le basketball et le volleyball. Je ne savais pas ce qu’était l’haltérophilie, mais quand j’ai vu mon cousin s’exécuter pour la région de l’Est-du-Québec aux Jeux de 2015, ç’a été le coup de foudre. J’ai cherché un club, j’ai trouvé Fortius et j’ai quitté le collège Charles-Lemoyne, à Sainte-Catherine, pour faciliter mon horaire d’entraînement», raconte-t-elle.

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