Dorya Belal a pu vivre les Jeux grâce à son père, son complice

Dorya Belal a pu vivre les Jeux grâce à son père, son complice

Dorya Belal et son père Skender étaient heureux de vivre les Jeux du Québec ensemble grâce au boccia.

Malgré sa mobilité fortement réduite en raison d’un manque d’oxygène à sa naissance, avant-terme à 6 ½ mois, Dorya Belal, 16 ans, est membre à part entière d’une famille de grands sportifs.

À sa naissance, en Algérie, son père Skender était entraîneur national de volleyball et avait conduit l’équipe senior féminine algérienne aux Universiades de 2003 en Corée du Sud. Arrivé à Montréal en 2005, il est allé chercher tous les diplômes locaux pour continuer pouvoir son œuvre. Devenu entraîneur niveau III, il a dirigé des équipes de volleyball de jeunes à Laval et est devenu enseignant en éducation physique à Verdun.

Les deux frères de Dorya, nés au Canada, sont quant à eux des experts en judo, entrainés au club de Judo olympique par l’olympien et Brossardois Sergio Pessoa.

La précision plutôt que la vitesse

Dorya, elle, assise dans son fauteuil roulant électrique, a terminé 4e au boccia lors de la plus récente finale des Jeux du Québec, à Drummondville.

Le boccia est semblable à la pétanque, mais se joue avec des boules plus molles, adaptées pour les personnes avec différents handicaps. Les athlètes BC1 et BC2 lancent eux-mêmes leurs boules, alors que ceux du BC3 et BC4, moins mobiles, utilisent une rampe de lancement tenue par un partenaire.

Dorya, chez les BC3, commande ainsi la hauteur, l’angle et la trajectoire de la rampe, dépose la boule et souhaite la voir s’arrêter tout près du cochonnet.

«Je suis vraiment contente d’avoir eu la chance de participer aux Jeux du Québec. J’ai attendu cela pendant très longtemps, dit Dorya. J’ai commencé à jouer quand j’étais toute petite, il y a 9 ans. Je n’ai pas un grand choix de sports, même s’il y en a quand même d’autres, comme le parasoccer, mais je préfère nettement le boccia, un sport de précision. Je me sens désavantagée en sport de vitesse mais à mon aise en sport de précision. Comme j’adore le boccia, je pratique souvent, je suis devenu bonne et j’ai gagné mon lot de compétitions.»

Pas question de rater les Jeux une 2e fois

Dorya en était à une 2e qualification pour les Jeux du Québec, après avoir bien figuré aux Jeux régionaux.

«Mais en 2013, nous n’avions pu lui trouver un partenaire pour tenir la rampe, raconte son père, Skender. Alors, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je me suis dit que je serais son partenaire cette fois!»

Normalement, un peu comme au tennis, un entraîneur ne peut aller accompagner son athlète sur le terrain. «Mais j’ai la chance d’y être comme adjoint pour tenir la rampe. Par contre, question de laisser toute l’autonomie à l’athlète, je n’ai pas le droit de parler, ni de me retourner après le lancer, ni de regarder la situation des boules tant que la manche n’est pas terminée.»

Pour l’autonomie de l’athlète, bravo, mais pour le plaisir de l’adjoint, ce n’est pas tellement captivant de tenir une rampe en étant dos au jeu, sans parler. «Je vous le concède! Comme père aimant sa fille, c’est plaisant, mais c’est sûrement moins invitant pour une personne moins impliquée.»

Autre difficulté surprenante, l’impossibilité pour lui de trouver de l’équipement pour Dorya. «Je suis prêt à payer pour une rampe et des boules personnelles, mais je suis incapable d’en trouver au Québec. Je m’explique mal pourquoi», se désole M. Belal.

Dorya dit quand même bien vivre la chose et aime bien sa vie, elle qui va dans une école spécialisée à Montréal et qui a des talents d’écrivaine.

«J’ai de la difficulté à écrire avec un crayon, mais je me débrouille bien avec un ordinateur. J’aime raconter des histoires et je suis à écrire un 5e livre», raconte l’élève de 4e secondaire, dont le meilleur souvenir est une cérémonie où, sous les applaudissements des élèves, on a dévoilé, dans le gymnase de son école, une photo d’elle en train de jouer au boccia.

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