Des policiers qui misent sur la prévention

Des policiers qui misent sur la prévention

Fannie Perras et Jean-Pierre Voutsinos

SÉCURITÉ. Même s’ils portent le lourd attirail des patrouilleurs, les agents communautaires du Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL) ont un mandat différent: celui de prévenir les crimes et de sensibiliser la population. Après avoir retiré leur matériel encombrant, les agents attitrés au secteur de Brossard, Fannie Perras et Jean-Pierre Voutsinos, se sont confiés au Brossard Éclair au sujet de leur métier, qui vise plutôt à aider qu’à punir.

Peu de citoyens savent que des policiers sont à leur disposition pour répondre à leurs questions et les aider à s’y retrouver parmi les nombreuses lois et règlements. En tout, 14 agents et deux sergents sont attitrés à la section prévention et actions stratégiques du SPAL.

«On est là pour aider. Il arrive trop souvent qu’on nous dise “Je ne voulais pas vous déranger”. Les policiers ont le devoir de porter assistance», explique l’agent Fannie Perras.

Offrir un filet de sécurité; créer des ponts entre les intervenants; faire de la prévention dans les écoles et chez les aînés; ouvrir le dialogue lors de conflits répétitifs; être présent sur le territoire pour tisser des liens avec la communauté: le mandat de cette branche de la sécurité publique est large.

Intervenir pour solutionner

Comme l’explique Jean-Pierre Voutsinos, le travail des policiers communautaire est d’intervenir avant ou après une intervention des patrouilleurs.

L’agent Voutsinos, qui œuvre dans la prévention depuis maintenant 13 ans, explique que la maladie mentale est un problème qui prend beaucoup de place dans son métier. Le rôle des policiers communautaires est d’abord de s’assurer que la personne qui présente des signes inquiétants est en sécurité et ensuite, de lui fournir des moyens de stabiliser son état.

Fannie Perras affirme que l’écoute est au cœur de leurs fonctions, autant pour déceler des signes de détresse que pour trouver des terrains d’entente entre deux parties.

La polyvalence, l’empathie et la capacité de communiquer sont certainement les qualités qui font d’un agent un bon policier communautaire. Pour l’agent Perras, la patrouille ne comblait pas toutes ses attentes et elle avait envie que son travail tourne du négatif au positif.

Les urgences d’abord

Le boulot des policiers communautaires comprend quatre volets: le rapprochement avec le citoyen, le partenariat, la résolution de conflit et la prévention.

Le meilleur scénario permettrait aux agents de scinder leur emploi du temps équitablement entre les quatre, mais dans la réalité, les urgences priment sur le reste.

«Lorsqu’on nous téléphone pour aller sur le terrain, on lâche tout pour intervenir, indique l’agent Voutsinos. Lors du meurtre dans le secteur B, en novembre dernier, par exemple, nous avons fait du porte-à-porte pour expliquer la situation au voisinage et rassurer les résidents.»

Comme l’agent Perras s’occupe du secteur Est de Brossard, son travail auprès des élèves occupe une bonne partie de son temps et l’amène à développer une relation avec les jeunes.

«On veut devenir des visages connus des citoyens. Lorsqu’on est sur le terrain et qu’un enfant nous salue alors qu’il est avec sa famille, ça nous montre qu’il a compris que nous ne sommes pas contre lui, mais bien avec lui.»

Le SPAL peut se vanter d’avoir un département de policiers communautaires performant, mais il reste encore à faire pour développer ce pan moderne de l’intervention. L’agent Perras espère que prochainement, le SPAL pourra se munir d’experts spécialisés en psychiatrie, avec qui les policiers pourront collaborer, comme on le voit à Montréal.

 

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