Conduite dangereuse: une septuagénaire écope d’un an de prison ferme

Conduite dangereuse: une septuagénaire écope d’un an de prison ferme

Barbara Martin, à sa sortie du tribunal le 29 mars

Crédit photo : Archives – Le Brossard Éclair

À sens inverse sur la route 132

JUSTICE. Barbara Martin a été condamnée à un an de prison ferme par le juge Marco Labrie, le 4 mai, au palais de justice de Longueuil. Le 23 janvier, la femme de 75 ans avait été reconnue coupable de négligence criminelle et de conduite dangereuse causant des lésions.

Le matin du 7 août 2015, Barbara Martin circulait sur le boul. Marie-Victorin, à Brossard. Pour des raisons qui restent nébuleuses, elle a pris la sortie de la route 132 à sens inverse, à l’intersection du boul. Matte, et s’est retrouvée à contresens du trafic sur la voie rapide.

Après une course folle de près d’un kilomètre, le véhicule de Mme Martin a heurté violemment une autre voiture, à la hauteur de La Prairie. L’accident a impliqué au total trois voitures ainsi qu’une moto.

Importantes séquelles

En tout, quatre personnes ont été blessées et transportées à l’hôpital. L’une d’entre elles, Annick Ducharme, était passagère du véhicule qui a été percuté par celui de Barbara Martin. La femme de 40 ans a subi une vingtaine de fractures, dont des blessures importantes aux jambes et à un bras.

Mme Ducharme est en arrêt de travail depuis l’accident et tente tant bien quel mal de venir à bout d’un laborieux processus de réhabilitation.

Vibrant témoignage

Lors du procès, la victime avait témoigné de l’enfer qu’elle vit depuis le jour de l’accident.

«J’ai l’impression que cette journée-là, on m’a volé ma vie, a avoué Annick Ducharme. Et encore pire, la personne qui l’a fait peine à admettre sa responsabilité. J’ai souvent souhaité mourir à la place.»

Selon elle, tous les aspects de son quotidien sont différents depuis les événements, tant son ambition professionnelle, ses envies de voyage que ses études universitaires sont anéantis. Elle a dû revoir sa philosophie de vie.

La Société de l’assurance automobile du Québec n’a pas encore statué, mais l’enseignante collégiale et hygiéniste dentaire devrait être sous peu déclarée invalide au travail.

Elle a subi deux chirurgies et trois sont à venir, dont une qu’elle repousse car elle lui fera perdre l’usage d’une main. Annick Ducharme devra prendre des médicaments pour le restant de ses jours.

«Mme Martin a peut-être moins de mobilité, mais moi, je vais avoir des problèmes pour le reste de mes jours. J’ai énormément de frustration d’avoir vécu ce procès et de l’entendre dire qu’elle a seulement pleuré le soir de l’accident, alors que moi, je pleure tous les soirs», a continué la victime.

«J’aurais aimé qu’elle reconnaisse qu’elle a brisé ma vie», avait-elle conclu.

Une sentence appropriée

Le juge Labrie a mentionné devant le tribunal qu’il ne pouvait faire autrement que de donner un peine de prison ferme dans ce dossier, en raison de la gravité des gestes qui ont été posés ainsi que des répercussions pour la victime.

Il a également souligné que l’état de santé et l’âge avancé de l’accusée – qui se déplace difficilement et à l’aide d’une marchette – ne représentaient en rien des facteurs atténuants puisqu’elle était en pleine possession de ses moyens au moment de l’accident, en plus d’être une conductrice expérimentée.

L’avocate de la défense, Me Andrée Chiasson, avait suggéré au tribunal une peine d’emprisonnement de 90 jours à purger de façon discontinue. De son côté, la procureure de la Couronne, Me Erin Kavanagh, avait plaidé pour une peine d’emprisonnement de 18 mois.

«La sévérité des blessures, de la douleur et des séquelles de la victime augmentent la responsabilité pénale de l’accusée, a mentionné le juge. Mme Martin a eu plusieurs occasions de réaliser ce qui était en train de se produire et elle a décidé d’ignorer les signes qui s’offraient à elle.»

Le juge Labrie a cependant souligné le fait que l’accusée a démontré de l’empathie envers la victime et sa famille et ne possédait ni antécédent criminel, ni antécédent d’infraction routière.

En plus de sa peine d’emprisonnement, Barbara Martin sera également sous le coup d’une probation de trois ans après sa sortie de prison et il lui sera interdit de conduire un véhicule pour une période de dix ans.

Me Chiasson a souligné le fait que sa cliente n’a de toute manière pas l’intention de reprendre le volant, ce qui réduit considérablement le risque de récidive.

Avec la collaboration de Jonathan Tremblay.

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