Coalition A-30 pour une fluidité durable: «il y a urgence en la demeure»

Coalition A-30 pour une fluidité durable: «il y a urgence en la demeure»

Crédit photo : Robert Côté - Brossard Éclair

TRANSPORT. D’une voix commune et unanime, les acteurs de la Couronne Sud ont annoncé ce matin la mise sur pied de la Coalition A-30 pour une fluidité durable. Ce regroupement de 64 membres réunissant municipalités, organismes, citoyens et représentants de l’industrie du transport exige des actions concrètes et rapides pour soulager la congestion routière sur l’autoroute 30.

À la suite d’une large concertation, la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS) a pris l’initiative de créer la Coalition A-30 afin de favoriser le transport collectif, le transport de marchandises, le covoiturage et la circulation de transit.

À plus de six mois des élections provinciales, les membres de la coalition demandent au gouvernement de positionner l’A-30 dans les priorités en matière d’investissement. La CCIRS souhaite rencontrer les chefs de partis politiques qui siègent à l’Assemblée nationale afin d’entendre les propositions de chacun.

«Notre voix est dorénavant incontournable», a évoqué la mairesse de Longueuil et vice-présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal Sylvie Parent.

«L’autoroute 30 est un axe névralgique pour la Rive-Sud et la grande région métropolitaine. Avec l’arrivée massive d’industries, l’expansion du port de Montréal à Contrecoeur, le développement de l’Aéroport de Saint-Hubert et l’implantation de pôles logistiques, on vit une effervescence économique sans précédent», a-t-elle ajouté.

Les représentants mettent l’accent sur les chantiers en cours et futurs, comme le nouveau pont Champlain, la réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que l’arrivée imminente du REM.

Selon la Coalition A-30, la congestion ne fera qu’augmenter au cours des prochaines années sans action concrète et les entreprises et la population en paieront les frais.

L’ensemble des représentants de la Coalition

Voies réservées sur l’accotement

La Coalition demande une solution immédiate visant la mise en place d’une voie réservée temporaire sur l’accotement, spécifiquement entre la jonction de l’autoroute 20 et celle de l’autoroute 10, pour les autobus, les véhicules électriques et le covoiturage ainsi que la création d’un comité pour trouver des solutions permanentes et durables reliées au transport des personnes et des marchandises.

«Est-ce logique qu’il y a ait très peu de voies réservées sur les grands artères de la Rive-Sud, alors qu’il y en a ailleurs dans la Communauté métropolitaine de Montréal?» a questionné la mairesse de Beloeil Diane Lavoie.

«Si on veut développer le transport collectif, il faut mettre en place des solutions concrètes et pérennes. Le meilleur indicateur est d’obtenir un gain significatif pour les usagers», a-t-elle poursuivi.

Les élus ont fait valoir la rapidité avec laquelle pourraient être aménagées de telles voies temporaires sur l’accotement, au moyen d’une simple signalisation. «Il y a urgence en la demeure, notre avenir collectif est en jeu», a soulevé la mairesse de Sainte-Julie et préfère de la MRC Marguerite d’Youville, Suzanne Roy.

L’aménagement d’une voie réservée sur l’accotement, comme il se voit actuellement sur l’autoroute 10, ne serait qu’une mesure temporaire, souligne toutefois la Coalition. D’autres mesures devront être mises en place.

La Coalition n’a pas chiffré jusqu’ici les investissements que représenteraient à la fois la mise en place de voies réservées ou d’éventuelles mesures à long terme.

Des contacts ont été établis avec le ministre des Transports, mais des réponses se font toujours attendre.

Incitatif pour le REM

La mairesse de Brossard Doreen Assaad a tenu à spécifier que cette autoroute est déjà à saturation et que l’arrivée imminente du Réseau express métropolitain (REM) changera l’optique du transport dans la région.

«Le REM est une excellente nouvelle, il contribuera au désengorgement de notre réseau routier. Nous attendons sa mise en service avec impatience. Pensons au système archaïque d’autobus à contresens sur le pont Champlain durant les heures de pointe», a-t-elle évoqué, alors que d’autres élus ont aussi déploré les simples cônes oranges faisant office de voie réservée sur le pont Champlain.

«Si on veut optimiser l’utilisation du REM, les usagers doivent pouvoir se rendre facilement aux stations. La mise en place de voies réservées réduira l’auto solo et les émissions de gaz à effet de serre», a relevé Mme Assaad.

Éviter la «crise cardiaque»

Comparant l’autoroute 30 à la «colonne vertébrale» de la région, la mairesse de Sainte-Julie Suzanne Roy a illustré les nombreux problèmes de congestion sur l’autoroute 30 rencontrés par les automobilistes aux intersections de l’autoroute 20, de la route 116, de la route 112, de l’autoroute 10 et de l’autoroute 15, en les comparant à des «blocages artériels majeurs».

«On risque la crise cardiaque», a-t-elle imagé.

La Coalition souhaite entendre les engagements des différents partis politiques, à court, moyen et long termes pour désengorger l’A-30.

«On n’a pas les moyens d’attendre le REM», a-t-elle fait valoir.

«Ensemble, nous devons travailler à favoriser la mobilité, la fluidité du transport et le covoiturage, a pour sa part signifié le maire de La Prairie, vice-préfet, secteur Est, pour la MRC de Roussillon et administrateur au Réseau de transport métropolitain, Donat Serres. Les efforts doivent s’inscrire dans perspective de développement durable et dans un caractère structurant.»

Que le début

Le lancement de la Coalition n’est que le début d’une série de démarches afin de faire entendre au gouvernement les besoins urgents entourant l’autoroute 30. Suzanne Roy a lancé un appel aux entreprises à se joindre au regroupement.

«On ne veut plus chacun arriver avec notre petit problème à mettre dans le panier. On a fait le choix d’être solidaire», a conclu Mme Roy.

Une rare solidarité

Les élus ont d’ailleurs souligné l’ampleur de cet élan de solidarité et de concertation au sein de la région; une ampleur qui n’a pas été souvent vue par le passé.

Selon Sylvie Parent, cette volonté commune ne résulte pas forcément de la nouvelle dynamique qui prévaut à l’Agglomération de Longueuil depuis novembre.

«Il y avait eu un forum, l’an dernier à pareille date, à l’agglomération concernant les impacts de cette congestion. Tous les maires de l’Agglomération étaient là. Aujourd’hui, on réactive tout ça et on dit aux trois principaux partis [au provincial] qu’ils doivent se positionner. Ils ne peuvent plus attendre, il faut des gestes concrets pour satisfaire les citoyens et entreprises de la Rive-Sud.»

Mme Parent estime qu’il est trop tôt pour évaluer si la proposition de Grand déblocage du Parti québécois pour remplacer le REM contribuerait à désengorger l’autoroute 30.

(Texte d’Ali Dostie et Sarah Laou)

 

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