Brossard, une ville en six décennies

Brossard, une ville en six décennies

Fatima Houda-Pepin

Crédit photo : Archives - Brossard Éclair

Soixante ans dans l’histoire d’une ville est un clin d’œil. Brossard en est l’illustration. Elle est passée de 3400 habitants en 1958 à plus de 88 000 en 2018.

Merci aux bâtisseurs d’hier

C’est l’occasion de souligner le rôle des familles fondatrices de cette municipalité, qui devait se nommer «Forget Ville», n’eut été le refus du premier ministre de l’époque, Maurice Duplessis, qui craignait qu’elle soit assimilée à une «Ville de l’oubli», au sens anglais du terme.

Elle deviendra «Ville de Brossard» le 14 février 1958, en hommage aux familles d’origine terrienne qui l’occupaient au sein de la Municipalité de la Paroisse de la Prairie de la Magdeleine, dont elle faisait partie.

Cinq mois plus tard, Georges-Henri Brossard en deviendra le premier maire; il sera en poste de 1958 à 1967. Son successeur, Léon Gravel (1967-1978), lèguera son nom à un grand parc qui longe la route 132, sur le bord du fleuve Saint-Laurent. Depuis, Brossard connaîtra une croissance constante tant au plan de son développement urbain, qu’économique et social.

Parmi les bâtisseurs qui avaient une vision d’avenir, il y avait le tandem Alphonse et Georgette Lepage, maire (de 1978 à 1982) et mairesse (de 1983 à 1990). En bon actuaire, M. Lepage fera des acquisitions foncières qui s’avèreront profitables, dont le Centre socioculturel, qui demeure encore aujourd’hui le principal lieu de diffusion des arts et de la culture.

Des investissements majeurs

Depuis ma première élection à titre de députée de La Pinière, à l’Assemblée nationale, en septembre 1994, et mon installation à Brossard, j’ai eu le privilège de connaitre des citoyens de tous les horizons et de travailler avec différents organismes œuvrant auprès de la petite enfance, des jeunes, des aînés, des femmes et des communautés culturelles.

De toutes les ressources dont dispose cette ville, sa plus grande force réside dans l’apport inestimable de ses citoyens au développement de leur communauté. Qu’il suffise de rappeler que la bibliothèque municipale, souvent citée en exemple, a débuté dans le sous-sol de Georgette Lepage avec son amie, Colette Bédard.

Nombreux sont les organismes qui n’auraient pas pu s’inscrire dans la durée, n’eut été du dévouement de milliers de bénévoles qui les animent. Je pense entre autres au Carrefour jeunesse emploi La Pinière, que j’avais mis sur pied en concertation avec les organismes d’éducation et d’employabilité, ainsi qu’à tous ceux que j’avais soutenus financement et qui continuent à faire preuve de dynamisme et de créativité.

En près de 25 ans, j’ai été témoin de l’évolution de cette ville. Je suis très fière d’avoir contribué, modestement, à son essor en y amenant des investissements substantiels pour la rénovation de l’aréna Michel-Normandin, l’aménagement de terrains synthétiques de soccer, la réfection des conduites d’eau, la construction de la bibliothèque Georgette-Lepage, le réaménagement de l’échangeur Taschereau, la reconstruction du pont du boul. Milan, la réfection des viaducs le long de l’autoroute 10, la construction du parc incitatif Chevrier et des murs anti-bruit, ainsi que le réaménagement du Terminus Panama, la plantation d’arbres et du couvert végétal sur le boul. Taschereau, l’ajout de 50 nouvelles places au CHSLD Marcelle-Ferron, la construction d’une nouvelle école primaire, etc.

On dit qu’une ville se reconnait à la qualité de vie qu’elle offre à ses citoyens. Je me réjouis de constater que le projet de SLR, rebaptisé REM, que j’avais défendu à bras le corps, est en train de se concrétiser.

Merci aux bâtisseurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont fait de Brossard un milieu où il fait bon vivre et franc succès aux bâtisseurs de demain!

Fatima Houda-Pepin

Députée de La Pinière de 1994 à 2014

Première vice-présidente de l’Assemblée nationale de 2007 à 2012

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