Attaque de pitbull: Karim Jean-Gilles déclaré coupable de négligence criminelle

Attaque de pitbull: Karim Jean-Gilles déclaré coupable de négligence criminelle

Karim Jean-Gilles

Crédit photo : Archives - Brossard Éclair

Le propriétaire des deux chiens de type pitbull ayant attaqué la jeune Vanessa Biron en septembre 2015 a été reconnu coupable de négligence criminelle jeudi matin, au palais de justice de Longueuil.

Le juge Pierre Bélisle a précisé qu’il n’y avait aucun doute que l’accusé était responsable des événements survenus le 20 septembre 2015 au parc Marquise et que l’accusé ne s’était pas assuré de suivre les règlements établis par la Ville de Brossard, faisant preuve entre autres «d’insouciance». Il mentionne également que l’accusé était conscient de l’agressivité de ses chiens.

La victime, qui avait 7 ans à l’époque, a subi de multiples lésions et vivra avec des séquelles pour le restant de ses jours.

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Jean-Gilles est resté de glace lors de l’annonce du verdict et n’a pas voulu reconnaître ses antécédents judiciaires. Ce dernier, qui se représentait seul, n’a présenté aucune défense au cours de son procès. Il a toutefois indiqué à la Cour qu’il n’avait pas voulu qu’une situation comme celle-là se produise. Il a aussi laissé sous-entendre que ses chiens avaient pu être provoqués.

Une peine exemplaire
La procureure de la Couronne, Me Claudie Gilbert, a suggéré au juge une peine de trois ans consécutifs, ce qui a semblé surprendre le juge Bélisle.

«Je vous le dis, je pensais à une peine plus sévère, plus que trois ans, a martelé le juge Bélisle, qui a qualifié le propriétaire de chiens de dur comme du téflon, «sans foi ni loi». Ça me préoccupe, c’est un cas particulier, c’est unique. L’accusé n’a apporté aucun argument, rien qui puisse me permettre de le connaître. Je vais prendre le temps d’y penser.»

«Ce sera à lui de faire l’exercice difficile de rendre une sentence adéquate, a indiqué la procureure aux journalistes, à sa sortie de l’audience. Trois ans était une peine qui me paraissait adéquate en tenant compte d’une multitude de faits aggravants et en l’absence de faits atténuants. L’accusé fait preuve d’une absence de remords et d’empathie.»

La famille soulagée
Le père de la victime, Bernard Biron, a témoigné en Cour des conséquences de l’attaque des chiens sur la vie de sa fille et de sa famille, mentionnant des phases de cauchemars et d’insomnie chez sa femme et sa fille. Soulagé, il s’est adressé aux nombreux journalistes présents à sa sortie de la salle d’audience.

Bernard Biron s’adresse aux nombreux médias présents pour recueillir ses états d’âme.

«On est très satisfait du verdict, a précisé M. Biron. C’est un chapitre qui se termine pour nous et on regarde vers l’avenir.»

Le père a toutefois souligné avoir ressenti de la colère lorsque l’accusé a décliné l’offre qu’il a reçu du juge de s’adresser à la famille. «Je ne m’attendais à rien de spécial de sa part vu son comportement, mais on aurait apprécié une expression de tristesse ou de regret.»

Bernard Biron s’est dit satisfait d’entendre le juge dire qu’il y avait un message à lancer avec ce verdict.

«L’objectif est que ça lance un message afin d’éviter qu’une situation comme celle-là ne se produise à nouveau, a-t-il affirmé. M. Jean-Gilles ne semble pas être ébranlé par toute autre forme de sentence. Je ne pense pas qu’il ait réalisé encore et qu’il ne se sente coupable de quoi que ce soit. Je pense que le juge a besoin de lui faire comprendre la gravité de la situation.»

«Ma fille elle-même n’est pas rancunière et elle ne souhaitait pas qu’il ait une peine trop sévère. C’est son opinion et je la respecte. Le verdict était ce qui nous importait», a conclu M. Biron.

Jean-Gilles connaîtra sa sentence le 23 mars. Il purge déjà une sentence de 28 mois pour avoir assommé un policier et est détenu depuis le 12 janvier 2017.

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