André Madore: un pilier du hockey de Brossard s’éteint

André Madore: un pilier du hockey de Brossard s’éteint

André Madore

La grande famille du hockey mineur de la Rive-Sud est en deuil à la suite du décès subit d’un des plus grands bénévoles de l’histoire de l’Association de hockey mineur de Brossard (AHMB), André Madore, le 7 juin. L’homme de 77 ans, qui participait encore tout dernièrement à une formation de Hockey Québec, aura consacré 47 ans de sa vie aux hockeyeurs de la région.

Impliqué dès les premiers coups de patin de son fils aîné Ghyslain, dans les années 1970, André Madore a ensuite repris de main de maître la présidence de l’AHMB pendant un plus de 20 ans. Il a quitté son poste au milieu des années 2000, avant de revenir un peu plus tard. Il a cédé sa place à nouveau à la fin de la saison 2015, mais il était toujours très impliqué, assurant la lourde tâche de responsable des cédules et des heures de glace, ainsi que celle de gouverneur de l’équipe junior.

«Il a commencé comme n’importe quel parent qui s’implique, se souvient son fils Ghyslain, qui suit les traces de son père comme instructeur de l’équipe junior. Après ça, il s’est impliqué à un plus haut niveau; il est devenu instructeur, directeur de catégorie, directeur élite et ensuite président. Il avait tellement à cœur les jeunes de Brossard!»

Tout pour les joueurs

Malgré ses 5’8’’, André Madore inspirait le respect. Avec son air austère, celui qui affirmait «sourire par en dedans» a toujours eu à cœur les jeunes de Brossard.

«Chaque décision qu’il prenait était toujours réfléchie pour les joueurs; pas pour les instructeurs, pas pour la direction, pas pour les parents. Il se demandait toujours si c’était bon pour les joueurs», raconte le vice-président de l’AHMB et son grand ami des 25 dernières années, André Papineau.

«C’était un homme dur, mais avec un cœur grand comme la terre.»

-André Papineau

Évoluer avec le sport

Pendant près d’un demi-siècle de bénévolat, André Madore a connu bien des révolutions dans le hockey. De l’arrivée de l’ordinateur jusqu’à l’apprentissage du sport par le jeu, il s’est toujours adapté, même s’il avait parfois des réticences.

«Quand je l’ai connu, tout était fait à "la mitaine". Il a appris sur le tas avec l’ordinateur et il s’est même fait des logiciels lui-même pour gérer ses affaires, se rappelle André Papineau. Le hockey, c’est un sport qui a complètement changé sur le plan des apprentissages et du développement, alors ç’a été difficile pour lui au début de comprendre les nouvelles méthodes. Mais il n’a jamais été fermé à ça. Et après, il en était le défenseur.»

Un homme droit

La rigueur d’André Madore était certainement sa plus grande qualité, aux dires de ceux qui l’ont côtoyé. Il connaissait les règlements des associations et du hockey sur le bout de ses doigts. Et même s’ils défavorisaient son association, il appliquait les règlements à la lettre.

«C’était une encyclopédie du hockey, autant dans les connaissances des règlements du hockey que dans celles des associations, explique André Papineau. Parfois, ça nous défavorisait par rapport à d’autres organisations, mais ils les appliquaient. Et ce n’est pas vrai que c’est comme ça dans toutes les organisations. C’est pour cette raison qu’il a toujours eu un grand respect de tout le monde. Il était juste.»

Bien sûr, sa passion pour le hockey lui a permis de tenir le fort pendant toutes ses années, mais l’arrivée sur la patinoire de son petit-fils Hugo lui a redonné le feu sacré.

«Ça lui a redonné un boost parce qu’il voulait s’impliquer pour Hugo et le voir jouer», se rappelle le père de ce dernier, Ghyslain Madore.

Mais n’allez pas croire qu’il s’intéressait seulement au hockey. Il assistait aux matchs de flag-football d’une de ses petites-filles, aux matchs de ballon-trampoline des autres. Peu importe le sport ou l’activité, il était là.

«Il était fier de ses petits-enfants et il assistait à tout ce qu’ils faisaient», se souvient son fils Ghyslain, ému.

Le #47 retiré

La saison prochaine, tous les chandails #47 de l’AHMB seront retirés. Une façon de rendre honneur à ce grand homme qui s’est dévoué pendant 47 ans pour le hockey mineur de Brossard.

Une cérémonie aura lieu pour honorer la mémoire de celui qui «a fait revivre l’association de hockey mineur de Brossard», selon André Papineau.

 

André Madore et Michel Steben: comme les deux doigts de la main

Au fil des ans, André Madore a côtoyé bien des personnes dans le monde du hockey, mais pour André Papineau et son fils Ghyslain, Michel Steben détenait une place privilégiée dans la vie de l’homme de hockey.

«C’était de grands amis autant au hockey qu’à l’extérieur, se souvient Ghyslain. Ils se sont toujours occupés des jeunes. Il était toujours là avec mon père. Quand mon père rentrait à la maison, c’est certain que tu entendais le nom de Michel Steben ou d’André Papineau. Soit ils avaient eu de bonnes discussions, soit ils avaient fait un bon coup.»

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