Aménagement du territoire et mobilité durable: « Il y a urgence d’agir », croit Doreen Assaad

Aménagement du territoire et mobilité durable: « Il y a urgence d’agir », croit Doreen Assaad

Doreen Assaad

Crédit photo : Archives - Le Brossard Éclair

AMÉNAGEMENT. Il faut presser le pas. C’est l’un des messages qui a frappé Doreen Assaad à la sortie de l’Agora de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui réunissait 600 élus, citoyens et experts autour de l’atteinte des objectifs du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), les 18 et 19 octobre.

Dans un panel consacré à la mobilité durable et au développement du transport collectif, la mairesse de Brossard s’est entretenue au sujet du Réseau express métropolitaine (REM) comme opportunité d’aménagement du territoire.

«J’ai vu l’urgence d’agir rapidement, observe Mme Assaad. L’un des constats qui m’a marquée, c’est que la construction de routes et autoroutes dédiées à l’auto solo, ce n’est pas la voie de l’avenir.»

«Il faut poser des gestes concrets immédiatement, même que je crains que l’on soit un peu en retard», poursuit-elle.

Ces gestes, c’est entre autres de favoriser une mixité de moyen de transports, que ce soit d’assurer des aménagements sécuritaires pour les déplacements à vélo, encourager l’auto partage – le «futur», n’hésite-elle pas à dire – ou miser davantage sur le transport collectif.

Ainsi, si l’on élargit l’autoroute 30, ce sera pour y accueillir du transport collectif, rappelle-t-elle.

Sa première expérience à ce colloque réunissant les acteurs du Grand Montréal l’a grandement inspirée, elle qui souhaite aussi outiller l’ensemble des élus de sa ville, qui seront appelés à prendre des décisions sur ces enjeux importants au cours des prochaines années.

Elle croit aussi que l’atteinte des objectifs 2031 du PMAD est réaliste pour Brossard, alors que la performance de la ville va au-delà des cibles, en matière de protection du territoire par exemple.

«Il y a d’autres facteurs, comme l’agriculture urbaine, qui sont aussi à évaluer.»

Ce que le REM changera

Le REM entraînera avec lui son lots de changements, notamment dans l’aménagement du territoire.

C’est d’ailleurs cette vision et les transformations que vit actuellement Brossard en matière de mobilité durable et d’aménagement du territoire que Mme Assaad a présenté à ses homologues de la CMM, en octobre.

Elle rappelle entre autres la refonte règlementaire opérée en 2017, qui modifie par exemple le zonage autour des futures stations du REM. La refonte s’arrime aussi aux exigences de la CMM et du PMAD.

«Nous allons créer de vrais TOD, pour encourager la densification autour de ces pôles. Ce qu’on va voir, ce sont des bâtiments en hauteur», illustre-t-elle.

Elle estime la population prête à ces changements qui transformeront, à tout le moins en partie, le paysage urbain de Brossard.

«On constate que beaucoup de gens vendent leur maison pour s’installer dans un condo. Les gens sont attirés par l’idée d’avoir accès à plusieurs services sans avoir recours à l’auto», relève-t-elle, admettant néanmoins que «oui, le changement déstabilise».

«On entend parfois que “ça pousse comme des champignons”, ajoute-t-elle. Mais ce n’est pas juste du développement pour du développement. Il faut restreindre l’étalement urbain.»

La collaboration et la communication entre l’ensemble des partenaires, que ce soit l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), la CMM et ou le Réseau de transport de Longueuil, seront essentielles, et c’est ce sur quoi mise la mairesse pour les années à venir. Sans compter les citoyens, qui doivent être partie prenante du processus, d’où la volonté de Doreen Assaad notamment de mettre en place des comités de bon voisinage.

«C’est important de bien expliquer ce qui s’en vient», fait-elle valoir.

Elle croit aussi que la période de transition sera quelque peu perturbante, davantage même que les changements qu’elle entraîne.

Par exemple, les problèmes d’espaces entourant actuellement le stationnement incitatif Panama ne sont pas à l’image de ce qui sera en place une fois le REM en marche.

«Il ne faut pas juger la conclusion sur la base de la période intermédiaire. En ce moment, c’est plus problématique parce que les gens se déplacent beaucoup en voiture pour se rendre à Panama. À terme, c’est le transport collectif qui sera davantage utilisé.»

 

 

Les recommandations

La tenue de l’Agora métropolitaine a permis de dégager une quarantaine de recommandations pour s’attaquer aux enjeux de mobilité, d’aménagement et d’environnement. En voici quelques-unes.

-Mettre en place un fonds d’aide au développement et un programme d’accompagnement de projets innovants

-Réaliser une politique de covoiturage à l’échelle métropolitaine

-Renforcer le transport actif dans les aires TOD

-Expérimenter un réseau de navettes fluviales complémentaire à l’offre de transport collectif

-Promouvoir l’écofiscalité

-Accélérer le plan de reboisement de la CMM pour atteindre la cible de 30% du couvert forestier

2
Commenter cet article

avatar
2 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
2 Comment authors
Michel LaurinAndré Caouette Recent comment authors
André Caouette
Invité
André Caouette

Je suis heureux de faire partie de la ville de Brossard depuis 36 ans et de voir tous les changements qui se produisent dans cette belle ville. Je crois que nous avons élu les bonnes personnes.

Michel Laurin
Invité
Michel Laurin

Je suis d’accord et j’aimerais participer à tant que bénévole, je suis nouveau retraité