36 dalles du pont Champlain dans un état déficient ou médiocre

36 dalles du pont Champlain dans un état déficient ou médiocre

Le béton fibré ultra-performant pourrait être utilisé pour la surface de roulement et les joints de dilatation du futur pont Champlain.

Les trois quarts des dalles du pont Champlain inspectées en 2014 étaient dans un état déficient ou médiocre, révèle le dernier rapport d’inspection préliminaire qu’a obtenu Métro grâce à la Loi d’accès à l’information.

Lors des derniers mois de septembre et d’octobre, les firmes Dessau et Cima+ ont examiné les sections 5 et 7 du pont Champlain, qui se trouvent de part et d’autre de la Voie maritime et qui sont les plus problématiques, d’après la société fédérale des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCC). Sur les 50 dalles qui ont été scrutées à loupe, 30 ont été jugées déficientes, et 6 autres, médiocres.

Ces dalles présentaient notamment des problèmes de corrosion, de câbles sectionnés, de délaminage et d’éclatement du béton, indique le rapport, ce qui fait que les auteurs ont inscrit à plusieurs reprises que leurs «défauts [affectent] [leur] capacité de façon très importante».

Les ingénieurs de Dessau et de Cima+ ont recommandé de poursuivre les travaux de renforcement des dalles, mais aussi d’imperméabilisation, et ont fortement suggéré de réparer le béton endommagé.

La société des PJCC avait planifié de solidifier 25 dalles en 2014-2015.

«Il reste encore plusieurs éléments [du pont Champlain] à renforcer selon l’inspection 2014», ont écrit les firmes Dessau et Cima+ dans un document portant sur leur rapport d’inspection. Elles indiquent que les travaux de renforcement devront se poursuivre afin d’assurer la sécurité des usagers.

De 2008 à 2018, pas moins de 240 M$ auront été investis pour réparer le pont Champlain. De plus, la société fédérale des PJCC a obtenu un financement spécial de 394 M$ pour renforcer les poutres de rive, qui constituent des éléments très sensibles du pont.

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État variable
Par ailleurs, l’état général du pont Champlain est très variable, statue le rapport d’inspection préliminaire 2014, qui a été produit par les firmes Dessau et Cima+. Si des éléments structuraux sont en bon état, d’autres présentent des dommages importants.

En plus des dalles, les poutres exigent une attention particulière. Rupture des câbles, éclatement du béton, présence de fissures et de corrosion : pas moins de 94 poutres du pont Champlain sur les 350 qui ont été examinées par les firmes Dessau et Cima+ sont dans un état déficient ou médiocre, d’après le rapport préliminaire d’inspection. C’est près d’une poutre sur quatre qui requiert des analyses supplémentaires, une surveillance accrue ou des mesures de renforcement.

Les poutres de rive sont des éléments particulièrement sensibles du pont. Leur état est resté presque le même de 2013 à 2014. La firme Aecom avait constaté, il y a deux ans, que 79 poutres de rive des sections 5 et 7 étaient dans un état déficient ou médiocre. L’année suivante, elles étaient 77 à être jugées en mauvais état.

L’installation de treillis modulaires est encore prévue cette année par la société des PJCC pour solidifier les poutres. Les ingénieurs des firmes Dessau et Cima+ ont d’ailleurs formulé une recommandation en ce sens.

«On ne peut pas sauver une poutre. Par contre, on peut mettre en place des mesures qui permettent de reprendre la charge», a expliqué la porte-parole de la société des PJCC, Julie Paquet, en évoquant aussi les arbalètes et les systèmes de post-tension externe installés pour rendre les poutres stables.

Comme les joints de dilatation permettent les mouvements du pont lors des changements de température, ils demeurent aussi sous surveillance de la société des PJCC. De 10 à 15 joints se brisent chaque année sur le pont Champlain. Dans le rapport d’inspection 2014, il est rapporté qu’une trentaine sont dans un état déficient ou médiocre et que certains doivent faire l’objet d’une surveillance accrue pendant l’hiver.

Leur remplacement, tant dans la section 5 que 7, fait partie des recommandations des ingénieurs. Ces derniers ont noté la présence de corrosion, l’accumulation de débris et des défauts dans le béton. La société des PJCC a prévu remplacer des joints de dilatation au cours de l’année 2015. Des travaux portant sur ces joints ont déjà eu lieu au mois de mai.

Les résultats de l’inspection 2014 sont plus justes que les précédents, a précisé la société des PJCC, puisque les analyses sont davantage à point et que l’instrumentation du pont donne des in­formations supplémentaires. D’autres instruments seront d’ailleurs installés sur la structure qui relie l’île de Montréal à la Rive-Sud au cours des prochains mois afin de mieux mesurer son comportement.

Des travaux à refaire

Des travaux exécutés en 2014 par la compagnie DJL pourraient devoir être refaits, a rapporté le Journal de Montréal, le 17 juin. Des surveillants de chantier procèdent actuellement à des analyses, notamment de piliers de béton.

Une mauvaise méthode employée lors de bétonnage en hauteur aurait causé des problèmes quant à la consistance et à la solidité du béton. De plus, un coffrage a cédé au cours des travaux en cours.

La Société n’entend pas faire payer les contribuables pour ces erreurs et décidera sous peu si des pénalités seront imposées à PJL et si la compagnie devra refaire les travaux. (A.D.)

 

 

 

 

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