Les mégots de cigarettes, un fléau

Publié le 8 mars 2016

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ENVIRONNEMENT. Les sociétés de tabac devraient être tenues responsables d’éliminer de manière sécuritaire les mégots de cigarettes, l’un des déchets les plus répandus dans le monde selon une nouvelle étude coécrite par une professeure de l’université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

Les chercheurs estiment que plus de cinq mille milliards de mégots de cigarettes s’accumulent dans l’environnement chaque année, ce qui contribue à la dégradation des milieux, nécessitant des travaux de nettoyage coûteux.

Jusqu’à présent, les autorités ont déployé des efforts titanesques pour lancer des campagnes de nettoyage et de recyclage, selon la coauteure de l’étude, Kelley Lee. Mais ces mesures ne suffisent pas, constate la spécialiste, qui dirige la Chaire de recherche du Canada en gouvernance de la santé dans le monde.

Mme Lee explique qu’il serait important d’aller en amont du problème, donc de cibler les sociétés de tabac dans ce cas-ci.

L’étude, publiée récemment dans le journal scientifique «Tobacco Control», élabore un système de régulation dont pourraient s’inspirer les villes, les provinces ou les pays. Il a été conçu conjointement avec un organisme de Washington, le «Cigarette Butt Pollution Project».

Selon les recherches, un à deux tiers des mégots sont jetés dans la nature et ils finissent enterrés dans des dépotoirs ou dans les eaux pluviales.

À Vancouver, en une semaine seulement l’été dernier, le service de pompiers a dû éteindre 35 incendies qui avaient pris naissance de mégots de cigarettes laissés à l’air libre. La Ville de San Francisco dépense environ 11 M$ US par année pour le nettoyage.

Les mégots de cigarette ne sont pas biodégradables contrairement à la pensée populaire, a souligné Mme Lee. L’acétate de cellulose, une sorte de plastique, reste dans l’environnement pendant 10 à 25 ans et les filtres des cigarettes contiennent également des produits chimiques, dont du plomb, de l’arsenic et de la nicotine.

L’étude suggère d’obliger l’industrie du tabac à ramasser, transporter et disposer des mégots en vertu de la «Responsabilité élargie du producteur», qui ajouterait le coût environnemental dans le prix des cigarettes.

Les autres industries qui produisent des biens de consommation dangereux sont tenues, selon la loi, de disposer des contenants de peinture et de pesticides, des ampoules fluorescentes et des médicaments, notamment.

L’Australie et quelques pays en Europe envisagent la possibilité d’adopter des lois en ce sens, selon Kelley Lee.

La Presse Canadienne