Affaire Cédrika Provencher: Pierre-Hugues Boisvenu sait que la suite sera chargée en émotions

Joanie Mailhot joanie.mailhot@tc.tc Publié le 14 décembre 2015

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

©TC Media – Archives

SAINT-MAURICE. Depuis les derniers jours, avec la découverte des ossements de Cédrika Provencher, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu revit certains moments qu'il a lui-même vécus en 2002, alors que sa fille Julie avait été victime d'un récidiviste et retrouvée sans vie près de Sherbrooke.

Il explique que tant que le corps n'est pas retrouvé, la famille est partagée entre deux sentiments. «On vit entre deux eaux, soit le désespoir de la retrouver sans vie ou l'espoir de la revoir vivante. C'est ce qui fait qu'on ne dort jamais tranquille, soutient M. Boisvenu. Je dis souvent que la pire des réponses vaut mieux que pas de réponse du tout. Là, au moins, la famille pourra soigner sa plaie.»

Dans son cas, l'attente d'une dizaine de jours entre la disparition et la découverte du corps lui avait semblé interminable.

«L'annonce du décès de ton enfant, c'est la fin de tous tes rêves de la revoir vivante. C'est la pire chose qu'on veut entendre, se souvient le père de Julie. Dans ce cas-ci, on doit se dire que cette réponse devait arriver un jour.»

Pour lui, la découverte des ossements de Cédrika n'est qu'une partie de la réponse que la famille Provencher attend depuis huit ans.

«La question est maintenant de savoir qui est ce monstre derrière le meurtre crapuleux. Est-ce un récidiviste, un proche, un ami, questionne-t-il. Ce sont tous des scénarios qui nous nourrissent.»

Les prochaines étapes

Selon le sénateur, la famille de la fillette doit profiter de ce moment de recueillement pour prendre de l'énergie en vue des étapes à venir. «On doit d'abord trouver qui l'a assassinée. Ensuite, il faut voir s'il a un passé criminel, s'il a déjà fait de la prison, etc.»

S'il s'agit d'un récidiviste, comme ce fut le cas pour sa fille Julie, M. Boisvenu croit qu'une colère habitera la famille. «Dans ce cas, cela voudrait dire que l'état n'a pas pris ses responsabilités. Il faut savoir si cette mort aurait pu être évitée.»

Puis, plus tard, viendra évidemment le moment d'entamer le processus du service religieux, un autre moment difficile à passer, se souvient l'un des fondateurs de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

Registre des prédateurs sexuels

Partagé entre le soulagement et la colère, le sénateur a réitéré son désir de voir la création d'un registre public des prédateurs sexuels, cause pour laquelle il se bat depuis plusieurs années. Pour lui, ne pas rendre publiques ces informations est incompréhensible.

 «La découverte du corps de Cédrika nous confirme l'urgence du gouvernement du Québec d'investir dans un registre public des prédateurs sexuels plutôt que dans un inutile registre des armes longues», martèle M. Boisvenu. On doit trouver le moyen de les arrêter avant que le crime soit commis, pas après.»

En manchette

Projet Symbiocité suspendu: décret d’urgence pour la rainette

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La police démantèle un réseau de vol de véhicules lourds

Un réseau criminel qui aurait volé plus d'une centaine de véhicules et de remorques depuis 2015 a été démantelé la semaine dernière par le Service de police de l'Agglomération de Longueuil (SPAL). Deux suspects sont toujours recherchés.

Affaire Cédrika Provencher: Pierre-Hugues Boisvenu sait que la suite sera chargée en émotions

Joanie Mailhot joanie.mailhot@tc.tc Publié le 14 décembre 2015

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

©TC Media – Archives


SAINT-MAURICE. Depuis les derniers jours, avec la découverte des ossements de Cédrika Provencher, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu revit certains moments qu'il a lui-même vécus en 2002, alors que sa fille Julie avait été victime d'un récidiviste et retrouvée sans vie près de Sherbrooke.

Il explique que tant que le corps n'est pas retrouvé, la famille est partagée entre deux sentiments. «On vit entre deux eaux, soit le désespoir de la retrouver sans vie ou l'espoir de la revoir vivante. C'est ce qui fait qu'on ne dort jamais tranquille, soutient M. Boisvenu. Je dis souvent que la pire des réponses vaut mieux que pas de réponse du tout. Là, au moins, la famille pourra soigner sa plaie.»

Dans son cas, l'attente d'une dizaine de jours entre la disparition et la découverte du corps lui avait semblé interminable.

«L'annonce du décès de ton enfant, c'est la fin de tous tes rêves de la revoir vivante. C'est la pire chose qu'on veut entendre, se souvient le père de Julie. Dans ce cas-ci, on doit se dire que cette réponse devait arriver un jour.»

Pour lui, la découverte des ossements de Cédrika n'est qu'une partie de la réponse que la famille Provencher attend depuis huit ans.

«La question est maintenant de savoir qui est ce monstre derrière le meurtre crapuleux. Est-ce un récidiviste, un proche, un ami, questionne-t-il. Ce sont tous des scénarios qui nous nourrissent.»

Les prochaines étapes

Selon le sénateur, la famille de la fillette doit profiter de ce moment de recueillement pour prendre de l'énergie en vue des étapes à venir. «On doit d'abord trouver qui l'a assassinée. Ensuite, il faut voir s'il a un passé criminel, s'il a déjà fait de la prison, etc.»

S'il s'agit d'un récidiviste, comme ce fut le cas pour sa fille Julie, M. Boisvenu croit qu'une colère habitera la famille. «Dans ce cas, cela voudrait dire que l'état n'a pas pris ses responsabilités. Il faut savoir si cette mort aurait pu être évitée.»

Puis, plus tard, viendra évidemment le moment d'entamer le processus du service religieux, un autre moment difficile à passer, se souvient l'un des fondateurs de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

Registre des prédateurs sexuels

Partagé entre le soulagement et la colère, le sénateur a réitéré son désir de voir la création d'un registre public des prédateurs sexuels, cause pour laquelle il se bat depuis plusieurs années. Pour lui, ne pas rendre publiques ces informations est incompréhensible.

 «La découverte du corps de Cédrika nous confirme l'urgence du gouvernement du Québec d'investir dans un registre public des prédateurs sexuels plutôt que dans un inutile registre des armes longues», martèle M. Boisvenu. On doit trouver le moyen de les arrêter avant que le crime soit commis, pas après.»