Karim Jean-Gilles déclaré coupable d'avoir assommé un policier


Publié le 30 mars 2017

Karim Jean-Gilles est accusé de négligence criminelle après que ses pitbulls aient attaqué la petite Vanessa Biron dans un parc de Brossard. Il aurait toutefois commis des voies de fait contre le huissier qui voulait lui transmettre les accusations, ainsi que contre deux policiers qui tentaient de l'arrêter le 12 janvier..

©TC Media – Jean Laramée

Le propriétaire des pitbulls qui ont défiguré la petite Vanessa Biron, Karim Jean-Gilles, a été déclaré coupable de voies de fait, entre autres, pour avoir assommé un des policiers qui venaient l'arrêter.

Les faits remontent au 12 janvier dernier. Un huissier, Martin Beaudin, a cogné chez Jean-Gilles vers 7h pour lui remettre une sommation à comparaître dans le dossier de l'attaque de chiens. L'homme, bien connu des milieux policiers, a refusé de collaborer.

Selon le témoignage du huissier, la mère de Jean-Gilles, Hyacinth Parker, lui a d'abord dit qu'il n'était pas présent. M. Beaudin a donc tenté de donner la sommation à la mère afin qu'elle le remette à son fils.

Jean-Gilles est alors venu à la porte d'entrée et a poussé le huissier, lui demandant de «crisser son camp».

M. Beaudin a déposé la sommation sur le perron de l'accusé, devant lui, afin de compléter son travail. Jean-Gilles l'a toutefois ramassée et l'a lancée dans le véhicule du huissier.

L'homme a également asséné des coups à M. Beaudin alors que celui-ci était entré dans son véhicule. Le huissier a finalement déposé la sommation sur le terrain de Jean-Gilles avant de partir et appeler la police.

Coup sur la tête

Huit policiers du Service de police de l'Agglomération de Longueuil (SPAL) sont arrivés sur les lieux vers 9h. Encore une fois, la mère de l'accusé a tenté de les convaincre que son fils était absent. Selon les témoignages des policiers, ils ont informé Mme Parker que le Groupe d'intervention tactique serait appelé sur les lieux pour procéder à son arrestation.

«On lui a dit que ça se pourrait qu'on défonce la porte et qu'on utilise les gaz lacrymogènes», a témoigné le sergent-détective David Lelièvre.

Selon l'agent Dominic Arseneault, Jean-Gilles est sorti de façon «précipitée». Alors que l'agent Arseneault parlait à l'accusé, le sergent-détective Lelièvre s'est également approché de l'homme. C'est alors que Jean-Gilles a pris un pas vers l'arrière et asséné un coup de poing à l'arrière de la tête de M. Lelièvre.

Le sergent-détective Lelièvre affirme avoir perdu connaissance pendant quelques secondes. Il s'est réveillé alors que l'agent Arseneault tentait de maîtriser le suspect au sol, avec l'aide de deux autres agents.

Il a échangé d'autres mots avec Mme Parker pendant quelques minutes avant de sentir un certain malaise. Il a eu des maux de coeurs et ses jambes sont devenues faibles. Il a été transporté à l'hôpital, où les médecins lui ont diagnostiqué une commotion cérébrale.

Des séquelles pour le policier

Lors de son témoignage, le sergent-détective Lelièvre a révélé souffrir d'un problème au cervelet qui le rend à risque de complications s'il reçoit un coup derrière la tête, comme ce fut le cas lors de l'agression.

«Avant l'attaque, je voyais double une fois aux deux ou trois mois, a-t-il dit. Maintenant, je dois porter des lunettes presque tous les jours parce que je vois double.»

M. Lelièvre affirme aussi souffrir de maux de tête depuis l'agression.

Lors des plaidoiries, Karim Jean-Gilles a tenté de convaincre la juge Julie-Maude Greffe que les policiers n'avaient pas de raison valable pour se présenter chez lui avec autant d'effectifs. La magistrate n'a pas retenu son argumentaire.

Rappelons que Karim Jean-Gilles a de nombreux antécédents en matière de violence, notamment envers les policiers. Il sera de retour en cour le 21 avril pour le dossier de négligence criminelle à la suite de l'attaque de ses pitbulls sur la petite Vanessa. Mme Parker est également accusée de négligence dans cette affaire.