Moins d’infirmières dans le secteur privé, sauf en Montérégie-Ouest

Moins d’infirmières dans le secteur privé, sauf en Montérégie-Ouest

Le recours aux agences d’infirmières privées a diminué dans l’ensemble de la Montérégie, mais pas en Montérégie-Ouest.

Crédit photo : Journal Saint-François

SANTÉ. S’il fut un temps où le secteur privé attirait bon nombre d’infirmières, les derniers chiffres divulgués par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) démontrent que cette proportion est en baisse en Montérégie, sauf en Montérégie-Ouest.

Selon le Portrait régional des effectifs infirmiers 2016-2017 rendu public jeudi par l’Ordre, 980 infirmières oeuvraient dans le secteur privé l’an dernier comparativement à 1100 en 2012-2013, principalement dans des agences ou cliniques privées. Il s’agit d’une diminution de 10,9 %

Inversement, le nombre d’infirmières a passé de 6602 à 7315 dans le réseau public durant la même période, une hausse presque similaire de 10,8 %.

Par contre, la situation se veut totalement différente au CISSS de la Montérégie-Ouest, à la lumière des chiffres fournis par la présidente du Syndicat des professionnels en soins de santé du Suroît, Francine Savoie.

Selon les chiffres obtenus par Mme Savoie auprès de l’employeur, le recours à la main-d’œuvre indépendante aurait plutôt augmenté de 30 % en Montérégie-Ouest au cours de la dernière année. Le secteur du Suroît serait particulièrement touché par le recours à des agences privées, notamment à l’urgence de l’Hôpital et dans les centres d’hébergement, sans compter les services en dépendance et en réadaptation.

Plus d’hommes dans la profession

Même si les chiffres ne sont pas spectaculaires à cet égard, il demeure que de plus en plus d’hommes choisissent la profession d’infirmiers. En Montérégie, leur proportion au sein de l’effectif est passé progressivement de 6,9 % en 2007-2008 à 8,7 % en 2016-2017.

Leur présence est d’ailleurs plus significative dans les services tels que l’urgence, la psychiatrie et les soins intensifs.

Leur présence demeure cependant inférieure en proportion de l’ensemble du Québec, où les infirmiers représentent près de 11 % des effectifs infirmiers.

Peu d’infirmières pour 1000 habitants

Par ailleurs, un survol de ce Portrait régional fait voir que 8835 infirmières exerçaient la profession en Montérégie en 2016-2017, soit 12,6 % de l’effectif provincial. Selon l’Ordre, il s’agit du troisième plus grand effectif régional au Québec. Celui-ci a enregistré une croissance de 1,8 % au cours de la dernière année, comparativement à un taux provincial de 0,4 %; depuis 2012-2013, la croissance totale atteint 6,5 %.

Néanmoins, la Montérégie conserve l’un des taux d’infirmières pour 1000 habitants les plus bas au Québec, soit 5,8, alors que la moyenne provinciale est de 8,4. Cette situation s’explique, d’une part, par la forte croissance de la population en Montérégie et, d’autre part, par sa proximité avec la région de Montréal où sont offerts des services suprarégionaux.

D’ailleurs, les statistiques révèlent qu’un peu plus du tiers des infirmières qui habitent la Montérégie travaillent dans une autre région, notamment à Montréal. Enfin, le taux d’emploi à temps complet est parmi les plus bas au Québec, soit 54 % comparativement à 58 % pour l’ensemble de la province. Il est encore plus bas en Montérégie-Ouest avec une proportion de seulement 43 %.

Texte de Mario Pitre.