Un percussionniste de Brossard au cœur d'une production internationale

Immortal Chi


Publié le 29 mars 2017

CULTURE. Le spectacle chinois Immortal Chi a entamé en 2017 une tournée nord-américaine qui mènera la musique de Luc Boivin aux quatre coins du Canada et des États-Unis. Le directeur musical de Brossard signe la musique de cette production de 2 M$ d'abord créée pour le marché chinois.

«Le metteur en scène [Érick Villeneuve] et moi nous étions toujours dit qu'un jour nous allions faire ensemble un spectacle de percussions, raconte Luc Boivin en entrevue au Brossard Éclair. Il m'a finalement appelé pour me demander de participer à un spectacle. Et quand je lui ai demandé où ça se déroulerait, il m'a dit à Beijing!»

Tu n'arrives pas là avec tes gros sabots! Tu dois écouter ce qu'ils ont à dire, mais tu amènes toute ta créativité.

Luc Boivin

Percussions et arts martiaux

Immortal Chi raconte l'histoire d'un maître de kung-fu dans sa quête pour retrouver sa force intérieure à travers un mélange d'arts martiaux et de musique.

«J'ai travaillé pendant environ six mois à monter les pistes sonores, écrire la musique et tout enregistrer, se rappelle-t-il. J'ai voyagé trois ou quatre fois à Beijing pour aller travailler avec les Chinois et étudier leur musique. Et puis, nous avons monté un spectacle qui allie la musique et les percussions, tableau par tableau.»      

Le premier défi du spécialiste des musiques du monde et fondateur de l'École de percussions Métissage, qui a pignon sur rue à Brossard, était «d'apprendre l'instrumentation de la musique traditionnelle chinoise».

«Il faut comprendre les modes musicaux, comment jouer les instruments, les registres, explique Luc Boivin. Je suis dans les musiques du monde depuis longtemps, mais c'est quelque chose que je connaissais beaucoup moins.»    

Plus moderne que traditionnel

La distribution formée de 5 percussionnistes et de 13 spécialistes du kung-fu fait revivre les anciennes traditions et la riche histoire théâtrale de la Chine avec une touche du 21e siècle.

«Ce n'est pas un show traditionnel, mais pas du tout. Nous avons mis en place des musiques qui sont parfois jouées par des instruments traditionnels, mais aussi par des instruments à cordes et une piste sonore, précise Luc Boivin. Nous utilisons tout ça avec quelque chose de moderne comme texture et musique. Les deux mélangés ensemble, ça donne vraiment une ambiance spéciale pendant le spectacle.»    

Ce n'est pas hasard si l'ensemble de percussions est entièrement féminin et les spécialistes du kung-fu seulement des hommes. La production souhaitait créer «le yin et le yang» à travers ce choix de distribution. Luc Boivin se rappelle d'ailleurs la cohésion qui s'est créée lorsque les deux groupes ont joué ensemble pour la première fois.

«J'expliquais aux jeunes filles qu'elles ont autant de force avec leur instrument que les gars en ont avec leur coup de poing, précise-t-il. Au départ, elles ne comprenaient pas du tout. Nous avons répété pendant des semaines et la première journée où nous avons mis les deux groupes ensemble, le visage des gars de kung-fu était magnifique à voir. Il regardait les filles en se disant ''wow, ça déménage!''. Le mariage des deux a été un moment assez extraordinaire.»

Bien accueilli en Chine et en Angleterre, le spectacle sera présenté à la Place des Arts le 31 mars et le 1<+>er<+> avril. La tournée se poursuivra au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Pennsylvanie, à New York et au New Jersey.

«C'est une chance inouïe pour moi de trimballer ma créativité et ma passion un peu partout dans le monde», conclut Luc Boivin.

Un homme occupé qui croit en l'industrie de la musique !

En marge du spectacle Immortal Chi, Luc Boivin travaille sur de nombreux projets dans son studio de la rue Therrien à Brossard. Il a d'ailleurs travaillé sur la musique du spectacle équestre EQI présenté en France. Celui qui a été à la direction musicale de l'émission Belle et Bum pendant dix ans et qui a quitté la populaire émission de Télé-Québec l'an dernier, a eu plus de temps pour se consacrer à des projets personnels, dont son propre album et celui de Duo de Trois.

Même si l'industrie musicale éprouve des difficultés, Luc Boivin affirme qu'il s'agit d'un problème mondial qui ne l'empêchera pas de poursuivre sa passion.

«Ce n'est pas une surprise ce qui se passe avec le marché du disque. On sait très bien depuis 10 ans que ça va arriver, c'est juste que là, ça vient d'exploser vraiment, estime-t-il. Je ne sais pas s'il y aura un renouveau pour le disque, mais je souhaite qu'éventuellement les gens s'ennuient d'un morceau de vinyle ou d'un CD. Mais on va continuer à faire de la musique quand même, parce que nous sommes des passionnés!»