Bilan annuel de la DPJ: les signalements en hausse de 10% en Montérégie

Bilan annuel de la DPJ: les signalements en hausse de 10% en Montérégie

En Montérégie, les cas de négligences représentaient une majorité avec 27,1% en 2016-2017.

BILAN. Les signalements retenus par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour l’année 2016-2017 en Montérégie sont en hausse de 10%, alors que les cas de négligences restent majoritaires.

Au cours de la dernière année, la DPJ a indiqué avoir traité 12 683 signalements dans la région, selon le bilan dévoilé le 20 septembre. De ce nombre, 4822 ont été retenus pour évaluation, soit environ 40%. Il s’agit d’une hausse de 10% par rapport à l’an dernier.

Alors que les signalements retenus concernant des adolescents (13 à 17 ans) représentaient 26%, 44% concernaient des jeunes de 6 à 12 ans et 30%, des enfants de 0 à 5 ans.

Sur le plan provincial, la DPJ a reçu 91 191 signalements l’an dernier, soit une augmentation de 4%, et 36 002 cas ont été retenus pour évaluation.

La directrice de la protection de la jeunesse et directrice provinciale de la Montérégie Josée Morneau précise que 70% des signalements émanaient de personnes du réseau – policiers, éducateurs, milieu scolaire, etc.

Selon les données, les négligences représentaient la majorité des cas avec 27,1%, suivies des abus physiques (21,5%) et des mauvais traitements psychologiques (18,7%).

Ces négligences correspondent aux difficultés éprouvées par les parents et qui sont considérées comme étant suffisamment graves pour nuire au développement de base de l’enfant sur le plan de l’éducation, des soins, de l’alimentation ou de l’environnement.

«Les cas de négligence sont les plus signalés, mais aussi les plus visibles, mentionne Josée Morneau. Il est plus difficile de détecter de l’abus sexuel ou physique alors que la négligence s’observe à l’extérieur.»

«On encourage ces signalements, poursuit la directrice. Notre travail est d’intervenir quand l’enfant est en danger. Et si on veut avoir un impact sur nos jeunes, on doit travailler en amont et sur le préventif. La négligence va se régler avec la mise en place de ressources, qui vont combler les lacunes des familles dans ce milieu-là.»

Mme Morneau rappelle que 50% des jeunes suivis par la DPJ sont maintenus en milieu familial et que près de 10% sont également confiés à un proche de la famille.

«C’est important pour nous de mentionner que le parent est le premier responsable de son enfant. L’ensemble des interventions doit viser à maintenir l’enfant dans son milieu familial, afin qu’il soit le moins déraciné possible. C’est donc rassurant, comme DPJ, de voir que près de 60% des jeunes restent à l’intérieur de leur famille.»

« Sur les dépliants du 14e bilan de la DPJ, on peut lire le témoignage de Francis, 17 ans, qui résume le message que veut faire passer l’organisation aux citoyens. «Si ton enfance a été amochée, ton adolescence va l’être. L’adolescence, c’est une suite des additions de l’enfance.» »

 

L’adolescence, une traversée en eaux vives

Confrontée à la détresse quotidienne des adolescents, la DPJ met l’accent cette année sur la difficulté qu’éprouve la société dans l’établissement d’une relation positive, respectueuse et inclusive avec les adolescents.

«Saute d’humeur, impulsivité, irritabilité, difficulté de concentration, recherche de sensations fortes… Ces comportements qu’on reproche souvent aux adolescents s’expliquent par le fait qu’à cet âge, le cerveau n’a pas terminé de se développer et cherche à réguler des doses grandissantes d’hormones sexuelles», souligne la directrice Josée Morneau, citant la chercheure de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal Sonia Lupien.

L’organisation insiste notamment sur le fait que le travail de l’adulte et du parent est de donner confiance et d’accompagner l’adolescent dans cette période de rapides transformations, comparée par la DPJ à une rivière tumultueuse cherchant son chemin vers le fleuve.

«Il faut se soucier de chacun d’eux, s’intéresser à leur présent et se préoccuper de leur devenir, fait valoir Mme Morneau. L’attitude, les gestes et les paroles de tous les adultes qui entourent ces jeunes sont cruciaux. On se souvient toujours d’un professeur, d’un éducateur ou d’un adulte qui a pu faire la différence lorsque nous étions adolescents.»

La DPJ mentionne également que la transgression des règles fait partie du processus de socialisation à l’adolescence. La délinquance commune étant le fait de 45% des adolescents, selon une étude de Desjardins datant de 2008 et reprise par l’organisation.