L’école Marie-Victorin célèbre 50 ans de multiculturalisme


Publié le 7 juin 2017

Plus de 80% des élèves de l'école Marie-Victorin sont issus de l'immigration.

©Photo: TC Media - Denis Germain

L’école Marie-Victorin de Brossard célèbre cette année ses 50 ans. Le Brossard Éclair s’est entretenu avec une des premières directrices de l’établissement et celle qui dirige aujourd’hui l’école, où plus de 80% des élèves sont issus de l’immigration.

Force est de constater que le multiculturalisme réussit extrêmement bien à cette école de 500 élèves. Pour la retraitée Peggy-Ann Morency et l’actuelle directrice Lyne Labrecque, il s’agit sans contredit d’un caractère distinctif très positif.

«Par exemple, dans les cours d’éthique et culturelle religieuse, d’univers social et de géographie, les enseignants ouvrent les élèves sur le monde, explique Lyne Labrecque. Mais la beauté d’une école multiculturelle, c’est qu’il y a toujours un élève dans la classe pour illustrer la matière puisque lui ou ses parents l’ont déjà vue ou vécue. Ce n’est pas juste le professeur qui en parle, mais mon ami avec qui je joue à la récréation.»

D’abord enseignante lors de l’inauguration de l’école, Mme Morency a accédé au poste de directrice adjointe et directrice quelques années plus tard. Déjà, à cette époque, l’école Marie-Victorin accueillait des élèves de différentes cultures puisque les premières classes d’accueil de Brossard y ont été ouvertes.

Lyne Labrecque et Peggy-Ann Courcy
Photo: TC Media - Denis Germain

«À l’intérieur d’un an, il y avait 47 nationalités différentes. Quand nous avons ouvert les classes d’accueil, nous avons reçu plusieurs enfants de Hong Kong, se souvient Mme Morency. Je trouvais ça fantastique puisque la Chine s’ouvrait sur le monde à ce moment-là. Les enfants allaient être éduqués au Québec, parler français, anglais et mandarin. Ils allaient devenir un pont entre la Chine et nous.»

Lyne Labrecque a aussi remarqué que de côtoyer les enfants de milieux totalement différents amènent les élèves à faire une prise de conscience.

«Ils se rendent comptent à quel point ils sont privilégiés», explique-t-elle.

De l’académique vers le milieu de vie

Si, aujourd’hui, les écoles sont devenues de vrais milieux de vie qui fourmillent de mille et un projets, c’était loin d’être le cas lorsque Peggy-Ann Morency enseignait à l’école Marie-Victorin. À son époque, on s’asseyait, on écoutait et on obéissait.

«Dans ses années, l’école était surtout un endroit d’apprentissage des matières académiques, précise Mme Morency. En 1966, il fallait réussir académiquement et ça répondait aux attentes de l’époque.»

Au fil des ans, elle a vu le milieu scolaire évoluer. Peu à peu, de projet en projet, l’école rigide et stricte s’est assouplie pour devenir un écosystème scolaire où la scolarisation, l’instruction et la socialisation se côtoient.

«Chaque année, il y avait des changements; les programmes, l’approche pédagogique, le développement social de l’enfant. Nous nous adaptions d’une année à l’autre. Au début des années 1970, nous avons senti un changement et pour la première fois, l’enfant avait le droit de parole en classe et nous étions intéressés par son opinion. Le travail d’équipe est ensuite venu.»

- Peggy-Ann Morency

Maintenant, Lyne Labrecque le constate chaque jour: l’école Marie-Victorin forme un grand milieu de vie.

 

Une capsule temporelle qui rallie les élèves

Dans 25 ou 50 ans, les élèves qui ont fréquenté l’école Marie-Victorin lors de l’année 2016-2017 pourront se retrouver pour ouvrir une capsule temporelle qui aura été enterrée à l’occasion du 50e anniversaire de l’établissement.

Un projet qui aura certainement marqué le primaire de plusieurs jeunes Brossardois. Certains y ont déposé des dessins, des textes, des photos et autres objets soulignant leur passage dans l’établissement.

«C’est leur école et leur quartier, alors nous voulions que les élèves prennent part à cette organisation et soient fiers de dire qu’ils ont fréquenté l’école Marie-Victorin», explique Lyne Labrecque.