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Bientraitance des aînés: le Réseau Sentinelle veille


Publié le 15 juin 2017

Le Comité bientraitance aînés préfère parler de «bientraitance» plutôt que de «maltraitance».

©Photo: Gracieuseté

TROISIÈME ÂGE. Prévenir la détresse, la maltraitance et l'isolement des personnes âgées reste au centre des préoccupations des organismes communautaires de la Rive-Sud, et notamment du Comité bientraitance aînés

Ce Comité qui regroupe une quinzaine d'associations de Brossard, Greenfield Park, LeMoyne et Saint-Lambert a mis en place différentes stratégies afin de rejoindre les personnes âgées abusées, violentées ou négligées.

«On parle de la maltraitance des aînés depuis peu; c'est encore un sujet tabou, indique Danièle Auclair, membre du comité. Nous voulions mettre en avant la notion de "bientraitance" pour renforcer l'aspect positif de nos actions. Nous commençons à être connus, à travailler avec plusieurs partenaires; et c'était notre but: que les personnes vulnérable sachent vers qui se tourner en cas de besoin.»

Mais le Comité bientraitance aînés a aussi pour mission de sensibiliser la population à la prévention du suicide et à la détresse psychologique de ce public, à travers des ateliers de formation, des campagnes de communication, des documentaires, des mini-bottins ou en utilisant les médias sociaux.

«Nous souhaitons que les aînés dénoncent des situations d’abus, mais également créer une prise de conscience, précise le directeur du Centre d’action bénévole de Saint-Hubert, Patrick Thibert. Plus les gens seront au fait de ce qu’est la maltraitance et la négligence, plus nous réussirons à conscientiser la population et les aînés à ne pas avoir honte de dénoncer les cas d’abus.»

Ainsi, depuis 2012, en partenariat avec la direction du Centre de santé Champlain—Charles-LeMoyne, des travailleurs sociaux interviennent auprès des ainés et mènent leurs actions avec le Réseau Sentinelle Champlain.

Sur le terrain

En tant qu'intervenante de milieu du Réseau Sentinelle Champlain Suzanne Dagenais doit faire preuve d'écoute, au téléphone comme sur le terrain.

«Il n’est pas facile de parler de maltraitance aux aînés, affirme la travailleuse sociale. On se heurte souvent aux valeurs, à la résignation ou à la peur d'être abandonné. Pour la plupart de ces personnes dépendantes, témoigner c'est risquer de  perdre la seule personne qui leur rend visite. Alors on les informe plutôt que de leur faire peur.»

Elle réfère ainsi ces personnes aux ressources appropriées.

«Je ne les prends pas en charge, je les accompagne, explique la quinquagénaire qui a repris des études en 2013 pour travailler auprès de cette clientèle qu'elle affectionne. J'établis un lien de confiance avec eux, je respecte leurs décisions et je fais le pont quand ils en ont besoin. Il y a tellement de services qui sont à leur disposition et dont ils ignorent l'existence. Je suis là pour leur permettre de reprendre le pouvoir sur leur vie.»

Rens.: Ligne d'aide Abus Aînés: 1 888 489-2287