Adib Alkhalidey, déjà un incontournable de l'humour

Philippe Lanoix-Meunier philippe.lanoix-meunier@tc.tc
Publié le 6 octobre 2016

Adib Alkhalidey sera à Brossard le 7 octobre pour présenter son plus récent spectacle: Ingénu(e).

©Photo: Gracieuseté

HUMOUR. Parfait représentant de la nouvelle génération d'humoristes québécois, Adib Alkhalidey fait fi des conventions et propose un humour intelligent, décomplexé et décontracté. Le Brossard Éclair s'est entretenu avec l'humoriste avant son passage au Club DIX30, ce vendredi, pour la présentation de son plus récent spectacle: Ingénu(e).

Dès sa sortie de l'École nationale de l'humour en 2010, Adib Alkhalidey connaît un succès presque instantané. Révélation 2013 au gala des Oliviers, il lance l'année suivante son premier one man show, Je t'aime, qui est acclamée aussi bien par la critique que par le public. Il multiplie les apparitions à la télé et enchaîne les projets.

Adib est partout; sur scène bien sûr, mais aussi à la télé avec Like-moi, lauréate de la meilleure série humoristique aux derniers galas des Gémeaux et ses apparitions remarquées dans Les beaux malaises; sur la toile avec les webséries Pause Khawa et 7$ par jour; et au grand écran avec le doublage du film d'animation Party de saucisses. En fait, tout ce que touche l'humoriste à l'étrange crinière se transforme en or.

Après l'important succès de son premier spectacle solo, il récidive avec son deuxième opus Ingénu(e). Et encore une fois, la réussite est au rendez-vous.

Show unpluggled

«La réception est très bonne et les salles sont toujours pleines, explique l'humoriste. Je voulais faire quelque chose d'intime, dans des petites salles comme celle du Club DIX30. Avec mes autres projets qui prennent beaucoup de mon temps, je ne voulais pas faire une grosse tournée. Je voulais qu'on vienne voir mon spectacle comme si c'était un petit groupe de rock. Je le vois un peu comme un show unplugged. C'est assez original; il y a deux premières parties avec mes amis Roman Frayssinet et Jérémy Du Temple. J'ai ma gang qui m'accompagne et on a bien du plaisir.»

«C'est certainement un show qui me ressemble, poursuit Adib. Avec un premier spectacle, tu veux plaire, tu veux juste que les gens t'aiment. Pour le deuxième, j'ai décidé d'aller dans une autre direction et je n'avais aucune idée si le public allait me suivre.»

Dans Ingénu(e), Adib réussit à faire rire en traitant de sujet sérieux tels que le féminisme, les transgenres, le racisme ou son trouble TDAH (trouble du déficit de l’attention avec l'hyperactivité), à la fois de manière subtile et désinvolte. 

«J'ai réussir à écrire ce show plus vite que prévu. J'aurais pu encore faire 1 an et demi avec Je t'aime, mais je voulais battre le fer pendant qu'il est chaud et tester mon nouveau matériel. J'imagine que j'en avais beaucoup sur le cœur; je voulais parler de sujets qui me touchent particulièrement. Je ne cherche pas nécessairement à faire passer un message ou à faire réfléchir les gens outre mesure. Si ça vous fait réfléchir, c'est sans malice!,» s'esclaffe l'humoriste.

Faire les choses à sa façon

Adib Alkhalidey ne fait pas les choses comme tout le monde. Contrairement à la grande majorité des humoristes, il a choisi la voie de l'autoproduction et de l'autoproduction afin de contrôler certains aspects de sa carrière comme la mise en scène, la promotion et le prix de vente des billets.

«J'ai beaucoup appris avec mon premier show, estime-t-il. Je voulais faire uniquement ce que j'aime, ce qui n'est pas nécessairement les projets les plus payants. En fait, je voulais prendre les rênes de ma carrière et faire les choses à ma façon. Pour la promotion, j'ai choisi de ne pas faire de grande campagne publicitaire ou de tournée promotionnelle à la télé. Les salles se remplissent uniquement grâce au bouche-à-oreille.»

Adib est un hyperactif et un projet n'attend pas l'autre. Il travaille déjà sur un troisième one man show, qui devrait voir le jour l'année prochaine. Un troisième spectacle en quatre ans serait amplement suffisant pour occuper le commun des mortels, mais l'humoriste n'entend pas s'arrêter là.

«Je travaille sur un court et un long métrage et j'ai d'autres projets en tête, explique-t-il. Je ne veux pas me limiter à la scène. Je ne vois pas ça comme un métier en tant que tel, mais plutôt comme une facette de quelque chose de plus grand. Pour moi, c'est juste une affaire le fun à faire, mais je sais que je pourrais difficilement m'en passer», conclut-il.