Popularité des drones: Un marchand de Longueuil débordé

JC Gagnon bou.redaction@tc.tc
Publié le 26 janvier 2016

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TECHNOLOGIE. Le propriétaire du magasin AMR ignorait qu’en ouvrant sa petite boutique spécialisée dans le domaine du hobby et du jouet il y a trois ans, sur le chemin du Lac, à Longueuil, il ferait face à une véritable folie du drone.

Il ne se passe pas une journée sans que les employés de Michel Normandin ne vendent au moins un drone, dont le prix peut varier entre 60 et… 6000$!

«C’est fou! raconte le propriétaire. Des gens de partout au Québec viennent à Longueuil pour s’acheter un drone.»

Grâce aux drones, les amateurs peuvent maintenant photographier ou filmer des scènes à vol d’oiseau, sans avoir recours à un avion ou à un hélicoptère, par exemple. «Plusieurs l’achètent pour s’amuser, mais de plus en plus de monde s’en sert pour travailler», indique M. Normandin.

Ces professionnels sont parfois des cinéastes, mais aussi des architectes, des arpenteurs géomètres et des gérants de chantiers. «On en utilise un au chantier de l’échangeur Turcot, pour analyser l’usure de la structure», donne en exemple M. Normandin.

De plus, le drone est utilisé par des propriétaires de gros immeubles intéressés à connaître l’état de leur édifice, et même par des agriculteurs. «Ce qui est populaire actuellement, ce sont les agriculteurs qui peuvent surveiller l’évolution des cultures de leurs champs avec cet appareil. Pas besoin de sortir et de faire le tour du champ; le drone le fait pour eux!»

M. Normandin croit d’ailleurs que même les policiers pourraient s’en servir pour découvrir les plantations de marijuana dans les champs.

Des règles sévères

Le directeur général de l’Aéroport de Saint-Hubert, Michel Beaudoin, considère que les drones ne constituent pas pour l'instant un problème majeur au bon fonctionnement des activités aéroportuaires, mais avoue que la situation le préoccupe.

Le grand patron de l’aéroport a encore en mémoire un incident survenu en août dernier, alors qu'un pilote qui tentait d’atterrir a été ennuyé par un avion téléguidé qui se trouvait dans la zone de l’aéroport. «Le pilote était en finale et a vu le petit appareil à la dernière minute.»

L’enquête des autorités n’a pu permettre de retracer l’individu responsable, mais les clubs d’avions téléguidés de la région ont été avisés.

«C’est pareil pour les drones, explique M. Beaudoin. Il commence à y en avoir un peu partout. Un drone qui frappe un appareil, ça pourrait causer de graves dommages.»

Acheteur avertis

Michel Normandin est bien conscient qu'il faut utiliser le drone avec beaucoup de prudence et dans le respect des règles. «Nous donnons une formation à chacun de nos clients. On leur explique le fonctionnement et les règles de Transport Canada.»

Un utilisateur de drone doit notamment faire voler son appareil à une distance minimale de 10 km d’un aéroport et l’aviser obligatoirement. Il est aussi interdit de voler au-dessus d’une foule, d’un parc ou des autoroutes achalandées.