Des suppressions de postes adoptées à contrecœur

Commission scolaire Marie-Victorin

Annick Oligny annick.oligny@tc.tc
Publié le 10 juin 2015

Les commissaires ont approuvé un plan d'effectif qui engendre l'abolition de 23,4 postes pour le personnel de soutien affecté au secteur de l'adaptation scolaire, le 9 juin.

©Photo:TC Media – Annick Oligny

La majorité des commissaires de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) ont voté pour l'abolition de 23,4 postes lors de l'adoption du plan d'effectif du personnel de soutien affecté au secteur de l'adaptation scolaire, le 9 juin. Au total, 53 postes ont été abolis et le retranchement d'autres emplois est à prévoir dans les prochaines semaines.

«Tout est dû aux compressions budgétaires. Nous avons lancé un cri du cœur au ministre, qui fragilise tout le réseau scolaire. L'administration a proposé des coupures qui ne touchent pas directement les élèves. Le gouvernement nous enlève toute la marge de manœuvre qui nous permet de nous adapter. On doit travailler comme des robots», a affirmé la présidente de la CSMV, Carole Lavallée, visiblement mal à l'aise avec les décisions à prendre lors de la séance.

Appel à la mobilisation                                                                                                                    

Le commissaire Alain Riendeau s'est opposé à la résolution en votant contre le plan d'effectif, ce qui a provoqué les applaudissements de l'assemblée.

«À titre personnel, je fais un appel à la mobilisation générale. Nous sommes entièrement en désaccord avec les coupes en Éducation et nous devons faire comprendre au ministre que ce n'est pas une dépense, mais un investissement. On doit marteler ce message parce que ce gouvernement ne pense qu'aux finances.»

Le vice-président de la CSMV, Michel Gervais, a expliqué qu'il a voté pour le plan d'effectif afin que la commission scolaire ne soit pas en déficit et que le ministère décide lui-même où couper.

«Je ne défends pas ce vote. Ça aurait été plus facile pour moi de voter contre et certainement plus populaire. Cependant, en tant qu'administrateur, on m'impose de faire des choix. Le choix que je voudrais et que je n'ai pas, c'est l'enveloppe budgétaire», explique M. Gervais, qui a rappelé que les postes des commissaires étaient aussi en danger en raison des restructurations.

Du personnel de soutien et des profs en moins

Des enseignantes qui ont appris l'abolition de leur poste par un huissier venues exprimer leur mécontentement aux commissaires.

L'enseignante en adaptation scolaire à l'école secondaire Gérard-Fillion, Christine Archambault, qui perdra son emploi sous peu, ne comprend pas comment on peut couper autant de postes sans affecter les services aux élèves.

«J'ai 23 élèves cette année et parce que mon poste est aboli, ils seront intégrés dans des classes de 28 élèves où les profs sont déjà débordés par la tâche et n'ont pas de ressources. Les directions ne savent plus quoi nous dire. Je ne comprends pas que la décision de couper soit aussi facile à prendre», a-t-elle affirmé, la voix nouée par l'émotion.

La présidente a expliqué que le choix de recourir à des huissiers est une obligation de la convention collective.