60e anniversaire: Brossard, une ville en constante effervescence

60e anniversaire: Brossard, une ville en constante effervescence

Brossard à ses débuts

Crédit photo : Ville de Brossard

De 3400 résidents en 1958 à plus de 88 000 en 2018, la Ville de Brossard a connu de nombreuses transformations au cours de sa jeune histoire, notamment au chapitre de sa superficie, de ses bâtiments et de ses principales artères.

C’est le 14 février 1958 que la ville prend officiellement le nom de Brossard, en l’honneur d’une des plus vieilles familles du comté.

Auparavant, Brossard était considérée comme un territoire de transit pour les voyageurs qui circulaient entre Montréal et les États-Unis.

Et même si le Brossard de 2018 n’a plus beaucoup en commun avec la ville de 1958, la municipalité est devenue un endroit de prédilection pour ceux qui désirent joindre une communauté accueillante et pleine de promesses.

Le Quartier DIX30 en 2011

Brossard, ville multiculturelle par excellence

Le visage multiculturel de Brossard s’est développé au fil des ans.

Déjà, en 1976, la première fête multiculturelle est organisée par la Maison internationale de la Rive-Sud. En 1988, le conseil municipal proclame Brossard ville multiculturelle.

«D’une population homogène blanche et catholique en 1958, elle est devenue une ville multiculturelle et multiconfessionnelle, un creuset de gens provenant de différentes parties du monde, de différentes classes sociales», explique l’historien Michel Pratt dans le livre Brossard 1958-2008.

Selon le recensement de l’époque, 41 groupes ethniques forment 34% de la population. Vingt ans plus tard, on dénombre 57 communautés culturelles, avec une prédominance de la communauté asiatique. Et malgré l’arrivée de milliers d’immigrants, Brossard demeure un territoire francophone dans les années 1970 et 1980 étant donné que les francophones sont installés dans tous les quartiers.

«Dans les années 70 et 80, la cohabitation avec les Italiens, les Grecs et les Portugais, tous de souche occidentale et européenne, se fait sans heurts, peut-on lire dans l’ouvrage de Michel Pratt. En fait, les seules tensions rencontrées dans les années 80 sont au niveau de la cohabitation des écoles avec les anglophones. Dans les années 90, la migration des Asiatiques a été phénoménale. Cette fois, la culture est vraiment très différente. Il y a bien évidemment les Vietnamiens, d’ailleurs installés depuis la fin des années 70, mais ils s’intègrent très facilement à la culture francophone. La dernière vague migratoire des années 2000 voit l’arrivée des Libanais, Marocains, etc.»

La langue française demeure encore prédominante à ce jour, alors que 57% de la population a comme langue maternelle le français, 24% l’anglais, 13% l’anglais et le français et un peu plus de 4% une autre langue.

De nombreux organismes interculturels ont vu le jour à Brossard, notamment la Maison internationale de la Rive-Sud, le Centre Sino-Québec de la Rive-Sud, la Communauté philippino-canadienne de la Rive-Sud, les Services et formation aux immigrants en Montérégie et l’Association des femmes d’ici et d’ailleurs.

C’est le 14 février 1958 que la ville prend officiellement le nom de Brossard.

Et depuis plusieurs années, les Brossardois issus de la communauté chinoise n’ont plus à se rendre à Montréal pour trouver des produits et des services qui sont propres à leur culture. Dans les années 1980, la première épicerie asiatique s’est installée dans l’actuelle Place Panama. À cette époque, la communauté était plus concentrée dans les secteurs P et V. Plus tard, il y a une migration vers le secteur T, S et R, et un autre centre commercial, le 8080, boul. Taschereau, s’est alors spécialisé grâce à des commerces offrant des produits chinois. Le marché asiatique Kim Phat s’est depuis installé à l’intersection de l’autoroute 10.

Vie économique: du boulevard Taschereau d’antan à l’ère des TOD

Lors de sa création, le milieu des affaires de Brossard est largement concentré sur le boul. Taschereau. Dans les années 1960 et 1970, on y dénombre jusqu’à une vingtaine de motels. En 1962, il est élargi pour faire place à une artère à circulation rapide de six voies.

«C’est en prévision de la forte demande de logements lors de l’Exposition universelle de 1967 que la construction de motels a augmentée, particulièrement sur le bord de l’eau», explique l’historien Michel Pratt dans l’ouvrage Brossard 1958-2008.

Une des premières petites entreprises de Brossard est située sur le boul. Marie-Victorin. La fabrique Rangers produit des bâtons de hockey Super Strong Wood.

La pêche commerciale, près du chemin Brossard, était une autre activité économique importante. Des commerçants de Montréal venaient acheter les prises sur place.

La population ne cesse d’augmenter à Brossard, tout comme la demande de service. Au début des années 1960, 88 personnes se réunissent pour fonder la Caisse populaire.

«On offre alors deux heures de disponibilités par semaine au sous-sol de l’église Saint-Alphonse», raconte Michel Pratt.

Plusieurs entreprises s’installeront à Brossard dans les années suivantes: Les Produits Liberté sur le boul. Pelletier; la Johns Manville dans le parc industriel; et un bureau de poste à la Place Brossard.

De nombreux centres commerciaux ont été construits, dont la Place Brossard en 1964, la Place Portobello en 1965, la Place du commerce en 1974 et le Mail Champlain en 1975.

Comme la population qui augmente, le nombre d’entreprise ne cesse de croître à Brossard. En 1992, l’Association des gens d’affaires de Brossard est mise sur pied pour appuyer les entrepreneurs de la municipalité. Au début des années 2000, on assiste à la reprise de la construction des édifices en hauteur sur le bord de l’eau.

«Les constructeurs de maisons unifamiliales essaient d’atteindre un milieu beaucoup plus riche et tentent une percée dans la construction de maisons huppées, comme dans les Domaines Rive-Sud», explique Michel Pratt.

Le Quartier DIX30 en 2011

Le Quartier DIX30 est désormais indissociable de Brossard. Entre 2005 et 2009, 238 M$ en permis sont émis pour ce tout premier lifestyle center du Québec, érigé par Devimco et aujourd’hui propriété de Carbonleo et Oxford.

La première phase est inaugurée en septembre 2006. Un an plus tard, une quarantaine de détaillants s’y ajoutent. La construction de la phase 3, évaluée à 200 M$ et destinée à une clientèle «plus fortunée», débute en 2011. En 2013, le projet d’un viaduc reliant les secteurs C et L au-dessus de l’autoroute 10 est annoncé.

Un autre projet majeur changera le visage de Brossard au cours des prochaines années: le Solar Uniquartier, futur quartier TOD (Transit Oriented Development – quartier axé sur le transport en commun). Ce qui devrait être le «nouveau centre-ville de la Rive-Sud», selon le promoteur Devimco, pourrait attirer jusqu’à 1,3 G$ d’investissements privés. Le projet de 3,5 millions de pieds carrés regroupera 2500 unités résidentielles, des espaces commerciaux, un centre des congrès et un complexe sportif. Une place publique et un grand parc sont aussi prévus.

Projection du Solar Uniquartier

En plus de ce quartier majeur, l’ouverture du nouveau pont Champlain et la construction du Réseau électrique métropolitain – renommé le Réseau express métropolitain le 8 février dernier – façonneront le Brossard du futur.

Nul doute que Brossard poursuivra son essor fulgurant et que les années à venir marqueront elles aussi l’histoire de la municipalité.

 

Découvrez les documents patrimoniaux de Brossard

Pour revivre le Brossard d’antan, la Ville invite les citoyens à parcourir la collection de documents patrimoniaux de la bibliothèque Georgette-Lepage.

Par le biais d’albums thématiques, une panoplie de clichés d’hier à aujourd’hui est accessible gratuitement en visitant le www.biblio.brossard.ca/brossardana.

Les citoyens sont également invités à partager leurs souvenirs et leurs photos sur les médias sociaux de la Ville en utilisant le mot-clic #brossard60 et ainsi contribuer à enrichir la mémoire collective.